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 cache-cache (chambre de narcisse)

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Tito
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MessageSujet: cache-cache (chambre de narcisse)   Dim 16 Juil - 11:33

Le rire résonne fort dans le couloir alors que tu détales comme un petit lapin, aussi vite que possible pour fuir, éviter, faire enrager, l’infirmière qui te court après. Grognement dans sa gorge alors qu’elle crie ton prénom d’une voix forte. Oh, tu sais, que tu vas te faire sermonner. Tito, il ne faut pas courir comme ça. Tito, ce n’est pas bon pour toi. Et tout et tout. Mais, tu t’en fiches. Parce qu’être ici. Ça fait suffisamment mal. Alors, il faut bien que tu trouves quelque chose pour t’amuser. Pour cesser d’être dans ce lit si froid. Dans ce lit qui t’ennuie. Alors, peu importe que ton cœur batte trop fort, trop mal. Peu importe ton souffle qui se fait trop court. Tu cours en riant et ça te fait tellement de bien. De te sentir, encore, un petit garçon vivant. Pas à moitié mort.

Mais, tu l’entends te rattraper. Alors, Tito, tu fais la première chose à laquelle tu penses. Peu importe ce qui arrivera. Tu ne réfléchis pas. Non, tu t’amuses follement. Alors, ta main attrape la poignée que tu enclenches rapidement, entrant dans cette chambre comme un boulet de canon. La porte claque légèrement quand tu la refermes, te collant contre le mur derrière elle. Le souffle erratique, le teint surement un peu trop pâle. Et, cette barre que tu traînes partout où tu vas. Tu sais, celle qui a plein de fils reliés à toi. Celle-là même qui s’agite fortement, les bip bip incertains criants que ça bat trop vite, trop fort. Et, ça te fait même mal. Vraiment, mais, tu t’en fiches. Sourire jusqu’aux oreilles, tu ris encore un peu avant que ton regard trop bleu ne se pose sur le garçon. L’homme. Entre les deux peut-être. Tu souris et poses ton doigt sur tes lèvres. Pour lui dire de ne rien dire. Chuut. Oui, chut. Tu veux pas qu’elle te retrouve. « Je joue à cache-cache ». Murmure qui résonne doucement dans la chambre, qui fait oublier un instant ton moniteur, qui lui-même commence doucement à retrouver un rythme plus calme. Parce que Tito, t’as pas vraiment le droit de t’agiter. Mais…Dieu, comment on peut rester toute la journée à ne rien faire. C’est tellement…triste et ennuyant.

Un cri résonne à nouveau dans le couloir. Tu te crispes, te colles un peu plus contre le mur alors que les pas rapides passes devant la porte. Un sourire victorieux commence à se glisser sur ton visage. Elle n’a pas compris. Tu as gagné !
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Narcisse
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MessageSujet: Re: cache-cache (chambre de narcisse)   Dim 16 Juil - 12:21

Tu sens maintenant quelques orteils. Tu les bouges difficilement et pourtant tu as l'impression d'avoir vaincu quelque chose. Une étape de faite, mais tu ne sortiras pas de ton lit avant longtemps. Tu ne veux d'ailleurs qu'en sortir pour aller la voir elle. Peut-être aussi ta mère. Ta mère tu l'aimes mais c'est elle aussi qui déclenche tes tempêtes, qui réveille ton âme en vrac. Juste ses cheveux blonds, encore un instant. Elle passera à midi, sûrement, pour ton repas. Tu auras tes crayons à la main, comme depuis ce matin et elle posera les yeux sur tes pages noircies. Mais pour l'instant y a la solitude. Elle prend de la place, beaucoup trop dans ta vie. C'est sûrement la seule compagnie qui ne te remue pas, qui n'active pas le bouton autodestruction. Y a qu'elle qui apaise la pièce, y a qu'avec elle où tu ne paniques pas. Bordel ramenez moi cette idéale! Ta mine bien taillée au bout des doigts, tu sens démuni soudainement. Peut-être que tu ne t'en sortira pas. Tu ne sais pas si tu veux d'une vie en fauteuil. Tu sais pas si tu veux guérir un jour. Pourtant les médecins sont optimistes, ils pensent pouvoir te faire remarcher, rallumer les lumières là où tu les a éteintes. Ta tête sur l'oreiller tu aimerais que tes yeux se ferment, sans délai de réveil. Incapable de vivre correctement, tu respires par obligation. Personne pour venir sauver le navire, tes bras le long de ton corps meurtri, tu attends. Juliet peut-être.

C'est un enfant, branché à un tas de trucs, vision surréaliste. Tu en croise tout de même de temps en temps. Lui semble échappé, enfuit d'un endroit qu'il doit peu apprécier. Il est pâle mais vivant. Putain de sourire sur ses lèvres. C'est contagieux. Pas de bruit, non promis tu ne diras rien. C'est la bouffée d'oxygène qu'il te manquait. Il attend, être sûr que personne ne viendra. Tu voudrais bouger, un peu, mais tes jambes sont têtues. Y a les cheveux en batailles devant tes yeux que tu remets difficilement avec un de tes bras recouverts de bandages."Je crois que t'as gagné." Tu souris, nostalagique. Bon sang on se calme là-haut! T'as le panel de tes sentiments qui déconne. Ton carnet ouvert sur les genoux tu l'oublie un temps, tu oublis ton ennui et ta fatigue. Il a réveillé la chambre ce gamin. "Moi c'est Narcisse, et toi bonhomme?"  Il pourrait s'enfuir, partir pour une autre chambre. Mais tu veux le garder un peu. Juste histoire de ne pas être seul. Encore.
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Tito
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MessageSujet: Re: cache-cache (chambre de narcisse)   Dim 16 Juil - 13:43

Les pas s’éloignent et, tu es content de toi Tito. Tu as réussi à la semer. Oh, tu sais qu’on va te gronder quand tu vas, enfin, retourner dans ta chambre. Enfin la laisser faire tes soins. Mais, tu n’aimes pas ça. Parce que ça fait mal. Parce que tu n’aimes pas quand on t’injecte les médicaments à la seringue, ça fait bizarre dans le bras, les veines. Ça te donne des frissons rien que d’y penser. Mais, tu as pas le temps d’y réfléchir trop longtemps, parce que la voix du garçon te fait relever les yeux sur lui, tu le regardes. Et grand sourire sur tes lèvres, tu hoches la tête. « Oui ! » Et tu ris doucement, tu sais, avec toute cette candeur enfantine que tu arrives encore à porter sur tes épaules. Malgré tout ça, malgré que ce soit tout cassé à l’intérieur de toi. Oui, tu arrives encore, à sourire si innocemment.

Tu te décolles doucement du mur en écoutant le garçon. Narcisse. On dirait le prénom d’une fille, tu trouves. Mais, c’est joli. Vraiment, tout doux. Ça ressemble à une fleur ou même une étoile. Et ça te fait sourire un peu plus alors que tu te précipites vers le lit, grimpant rapidement sur la chaise, à genoux. Lâchant enfin ta perche qui reste à côté de la chaise, bien droite. Les fils s’étirant pour suivre tes mouvements. « Moi c’est Tito ! » Et tu te penches un peu vers lui, pour le fixer. Tes grands yeux le regardant doucement. Pour bien voir à quoi il ressemble peut-être. « Tu es joli, comme ton prénom. » Et ta main s’appuie un peu sur la couverture du lit. Tu te rends pas compte, que t’en es presque à grimper dessus. Mais, tu es curieux, intrigué.

Surtout quand tu le vois, le carnet. Tu l’oublies, lui, quelques secondes alors que tu regardes le carnet et le crayon. « Oh ! Tu as des dessins ? » Tu relèves les yeux. Tu sais pas trop, en fait, tu ne te demandes même pas. Si tu le gênes, l’ennuies. Si tu l’embêtes ou pas. Toi, toi tu vois juste un nouvel ami, une nouvelle distraction. Quelqu’un avec qui passer un peu de temps. Pour laisser ta chambre trop vide. Surtout quand papa et maman, ils sont pas là. C’est là où t’as le cœur au bord des lèvres. T’aimes pas devoir rester ici. Toi, tu voudrais pouvoir rentrer à la maison.
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Narcisse
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MessageSujet: Re: cache-cache (chambre de narcisse)   Dim 16 Juil - 16:06

Le problème avec ta tête qui tourne pas rond c'est que tu amplifies tout. Un brin d'émotion devient un ouragan et ça te balaye. Ça te brise les os du crâne, ça fracasse tes sentiments. Mais tu n'y peux rien. Tu te bats, un peu, chaque jour. Toujours. Parfois t'as envie de tout foutre en l'air, d'éteindre la radio, de dire stop à ce vacarme. Tu y as pensé, t'as fini par la frôler cette fin tant redoutée par certains.

Mais l'innocence vient te voir. Encore un peu Narcisse, reste avec nous! Elle prend les traits d'un enfant pâle. D'un enfant aux milles fils. D'un enfant malade qui sourit pourtant. Cette chaise des visiteurs, cette chaise de ta mère. Il la prend, se l'accapare de la meilleure des façons. A genoux te trouvant joli, ton prénom aussi. Tu souris encore parce que les mots d'un enfant ça réchauffent."Tito aussi je trouve ça beau. Et puis je pense pas que tout ça me rende très joli." Parce que ouais y en a du pansement sur tes bras. Ça cache un tas de chose, brûlures et plaies, griffures ou hématomes. Cache-cache avec la vie sur la peau du jeune Narcisse. Tu as quelques points suture sur le côté droit de ta tête juste au dessus de ton oreille. Tu te disais grand brûlé de la vie, il a fallut que t'appliques ça physiquement. Pauvre con. Tu sens la couverture qui bouge. Les dessins l'attirent, restés ouverts sur tes jambes inertes. "Oui quelques uns, comme je ne peux pas jouer à cache-cache je m'occupe comme ça." Ta voix presque déçue, tu vendrais père et mère pour jouer à ce jeu de gamin. Et lui regardes les pages gribouillées, aspiré presque par ces quelques traits. Tu es heureux, presque, ça ressemble à du bonheur. En tout cas ça s'en rapproche. Il ose pas toucher même s'il en meurt d'envie, il se permet tout mais dans sa vie mouvementé il s'impose quelque limites. "Tu peux les regarder si tu veux." Tu lui tends le carnet. C'est un truc que tu fais peu. Seul Juliet les regardait. D'ailleurs tu lui as trouvé une place, entre les portraits de ta mère et celui d'un inconnu. Indélébile. Mais maintenant il y a Tito, l'enfant pâle aux milles fils.
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Tito
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MessageSujet: Re: cache-cache (chambre de narcisse)   Dim 16 Juil - 16:44

Tu souris, rougis un peu. Du rouge, là, sur le pâle de tes joues parce que le garçon. Narcisse, il dit que tu es joli. Oh, tu l’aimes bien, lui. Tu penches un peu la tête sur le côté, les sourcils froncés en le fixant. Parce qu’il parle des pansements qui ne le rendent pas joli. Mais, c’est pas grave ça ? Si. C’est important ? Toi, tu sais pas trop. Enfin, y a bien quelques filles et quelques garçons qui sont jolis à l’école, mais, tu t’en fiches un peu pour tout dire. Alors, tu comprends pas trop pourquoi les pansements le rendrait moins…beau ? « Oui mais…ça va partir non ?! » Tu le regardes, lui, le carnet et tu souris encore plus si c’est possible. Parce qu’il dit que tu peux regarder, qu’il te le tend et tu t’empresses de l’attraper, petit rire content dans ta gorge, tu te rends pas vraiment compte que tu grimpes quasiment sur son lit, frôlant les jambes sans vies. Mais, ça, tu ne sais pas.

Tu penches un peu la tête vers le premier dessin. Puis tu la relèves. Parce que… « Moi aussi j’en ai tu sais, regarde ! » Et tu lui montres ton bras qui oui, à un pansement, tu sais, pour retenir les fils, le cathéter qui perfore ta peau et ta veine. « Oh et j’en ai là aussi ! » Et tu lui pointes ta poitrine, couverte de ton pyjama, là d’où sortent quelques fils de couleurs. Ceux qui sont fixés sur les capteurs qui parsèment ton petit torse maigre. Ceux qui sont reliés non pas aux médicaments, mais au moniteur posé sur la perche. Celui qui mesure, seconde après seconde ton rythme cardiaque. « Alors…c’est pas grave si t’en as toi aussi ! Ça va guérir et après tu seras encore plus joli ! » Et tu lui souris doucement avant de rapidement rebaisser le regard. Oubliant déjà pourquoi tu lui disais tout ça. Tu souris, tournes la page et fait oh avec ta bouche. C’est beau. Un doigt glisse sur les visages. Y a une jolie fille qui se répète et, une dame aussi et encore d’autres. Mais, la fille et la dame sont plus souvent là. « C’est beau ! C’est ta maman ? » Et tu tournes le carnet pour lui montrer le visage de la dame. De celle qui pour toi doit être maman. Parce qu’elle t’y fait penser. Puis, tu as un doute. Il est grand lui, alors… Si si, il doit aussi avoir une maman. On a une maman pour toute la vie non ?

« Moi, maman et papa, ils sont venus hier. Aujourd’hui, ils travaillent. J’aime pas trop, quand y sont pas là. J’voudrais… » Et ton sourire s’efface un peu. Parce que y a ton petit cœur qui se sent seul ici. « J’voudrais rentrer à la maison. » Baisser un peu les yeux puis les relever pour le regarder. Surement que tout le monde ici, ils veulent rentrer. Tu te mordilles la lèvre. Hésitant. Tu te demandes depuis que tu es entré. Et, t’as pas conscience de parler beaucoup, de passer du coq à l’âne. Tu parles, parce que ça fait du bien. Tu te penches, comme si tu voulais lui dire un secret, ta main appuyant sur le matelas, un peu sur sa jambe, mais, t’y fait pas attention. « Tu…tu as quoi toi ? » Petit murmure, comme si c’était mal de demander. Peut-être en fait, oui. Mais, tu te demandes. Est-ce qu’il est tout cassé lui aussi ? « Moi, j’suis tout cassé. »
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Narcisse
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MessageSujet: Re: cache-cache (chambre de narcisse)   Dim 16 Juil - 23:37

Du rose aux joues, il vient réveiller ton lit, il ranimerait presque tes jambes avec son rire d'enfant. Tu te souviens pas de toi petit, d'avoir autant sourit si jeune. T'en avais vu des médecins mais t'étais loin de vivre à l'hôpital. Et pourtant Tito il vit, il a l'air de faire avec. Il doit être bien conscient. Bien moins innocent et naïf que tu ne le penses. C'est triste de perde sa naïveté quand on est gamin. Y a trop de fils vers son coeur, ça t'effraie. Ça t'inquiète, déjà pas adulte qu'on a déjà corrompu son coeur. "Oui bien sûr, bientôt j'espère." Tu t'en veux de lui parler de ça. Il n'a pas besoin ni envie de voir des personnes rafistoler à coups de compresses et de bétadine. Tu le regardes te montrer ses blessures à lui. Vision surréaliste. Ce gamin c'est la voix de la raison que tu n'as pas. La petite personne qui devrait parler dans ta tête. Toi tu l'as perdu y a longtemps. Sur le bord de l'autoroute, t'as voulu faire cavalier seul. Enfin tu penses plutôt qu'on te l'a volé. "T'as raison. C'est vrai bientôt on aura plus rien sur nos bras et on sera encore plus joli." Tu sais pas quoi lui répondre à cet enfant qui dit des choses tellement réelle avec tant de simplicité. T'as mal au ventre, ça se rallume dans ton cerveau. Ça bouillone parce que tu contrôles pas tout. Respire Narcisse. Et y a le visage de ta mère qui te ramène au monde réel. Ça t'arrache de tes pensées tourbillonnantes. "Oui c'est ma maman." Tu souris, à lui, à ta mère sur la feuille, à ta mère qui travaille encore jusqu'à pas d'heure. Mais pour Tito ça doitt être encore plus dur. Toi t'es peut-être désastreux mais tu sais vivre sans elle, enfin un peu. Lui il est jeune, gamin encore, à ne voir ses parents que pendant les heures des visites. "Je suis sûr que tu rentreras vite chez toi." C'est de l'espoir en libre service un truc que tu pourrais dire à tout le monde. Mais que dire d'autre? Y a son sourie qui se barre, tu veux le rattraper, lui redonner pour qu'il ne le perde jamais. C'est une chose encore que tu ne maîtrises pas. Encore.

T'as quoi exactement? TPC, trouple de la personnalité bordeline. Je suis aussi paralysé temporairement de mes jambes, avec un commotion cérébrale mineure et quelques plaies. Mais on ne dit pas ça à un enfant. On parle avec son langage. On adoucit les traits de la vie. "Je ne sens plus mes jambes à cause d'un accident en moto. Mais elles vont revenir. Et toi qu'est- ce qui t'amène dans cet hôpital?" Tu veux pas le replonger dans de mauvais souvenirs. Tu poses la questions comme on enlève un pansement, ça fait mal mais après on est tranquille. Et puis on se voile rarement longtemps la face dans ce bâtiment blanchâtre.
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Tito
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MessageSujet: Re: cache-cache (chambre de narcisse)   Mer 19 Juil - 18:25

Tu es si content d’avoir trouvé quelqu’un. Lui surtout. Parce que le garçon, tu l’aimes bien. Vraiment. Il te parle et te souris. Même si lui aussi il est tout bariolé de pansements. C’est pas grave, ici, tout le monde l’est plus ou moins. En tout cas, tout sourit et rit d’être avec lui. Admirant sa maman sur le carnet, si bien dessinée. Tu aimerais bien, toi aussi, un jour dessiner aussi bien. Oui, ce serait vraiment bien. Actuellement, t’es pas sûr d’être vraiment très très doué. Après, peut-être que c’est comme tout le reste, ça doit bien s’apprendre, le dessin. Tu en fais bien un peu à l’école. L’école. Ça aussi, ça fait longtemps que tu n’es plus allé. Ça te manque presque. De voir tes copains et puis ta maitresse. Elle était gentille. T’aimais bien aller à l’école, apprendre. Parce qu’il faut bien apprendre pour devenir astronaute. Vraiment alors, oui, t’aimes bien l’école. Mais, pour l’heure t’étais ici, à l’hôpital. Parce que y avait la maladie. Oui, c’était ça. Comme Narcisse.

Tu le fixes. Un petit oh sur tes lèvres. Un accident de moto. Tu te demandes si c’est comme à la télé quand une voiture ou une moto explose ou se renverse. Surement. Si ses jambes ne bougent plus. Tu baisses le regard, sourcils un peu froncés pour les regarder, les jambes. Là où une de tes mains repose doucement. Relever la tête, moue boudeuse sur tes lèvres. « Mais, ça va soigner non ? Et après tu pourras remarcher unh ? » Parce que tu vois pas comment on pouvait ne plus marcher, comme un bébé, à quatre pattes par terre ? Non. Impossible. Mais, tu ne lui demandes pas. Parce que y a un petit quelque chose dans ta tête qui te dit qu’il faut pas. Que c’est pas bien. Et puis, de toute façon, Narcisse il te demande toi, ce que t’as.

Ton nez se fronce légèrement alors que tu cherches à mettre les mots, maux. Sur tout ça. Tu baisses les yeux, fixes ta poitrine, posant ta petite main dessus. « Oh…mhmm, le docteur il a dit que j’avais….je sais plus trop comment il a dit ça. J’ai pas tout comprit ce qu’il disait à papa et maman. Mais, il a dit que j’avais fait un... infarctus ! » Et tu relèves la tête, grand sourire sur tes lèvres. Parce que tu t’es souvenu du mot un peu savant. « Oui, c’est ça ! » Mais, le sourire s’envole rapidement. Parce que ce n’est pas drôle, pas joyeux tout ça. Parce que… « Mais, ça marche pas comme il faut. Alors, il a dit. J’ai pas trop compris. » Parce que vraiment, où est-ce qu’ils vont le trouver ? « Mais, il faut le changer. Parce qu’il va tomber en panne, un truc comme ça. Alors, faut me le changer, le cœur. » Oui, tu comprends pas trop, où ils vont le trouver. « Mais je sais pas où on en trouve des cœurs ? Tu sais toi ? » Et t’as se regard innocent. Oui, ce regard que seuls les enfants ont, si innocent avec pourtant une question si dure au bord des lèvres. Oui…où est-ce que ça se trouve, un nouveau cœur ?
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Narcisse
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MessageSujet: Re: cache-cache (chambre de narcisse)   Sam 22 Juil - 21:47

Une respiration au visage d'enfant. Tu sens l'oxygène dans tes poumons. Une claque en plein face, va-t-en anxiété! Loin! Il est le premier "comme toi" que tu côtoies. Le premier patient, comme les médecins aiment tant vous appeler. Ta mère. Les médecins, le chirurgien. Et Juliet. Oh Juliet! Et pourtant tu vivais dans un monde fermé. Ta petite bulle stérile qui finissait par t'étouffer. Tito, il entre et il brise tout. Il remet en cause les codes de ta tête. Tu te pensais martyr tu en ressors simplement égratigné. Pour lui tu n'es qu'un garçon allongé dans un lit. Pas de mec dérangé, trop sensible pour vivre correctement. Et ça fait du bien. Vivre incognito.

"J'espère, tu sais on guérit presque tout ici." Tu souris. Espoir, encore un peu. Certains s'y droguent. Toi t'es prudent. Tu l'écoutes se démêler avec des mots pour décrire son mal, ses maux. Un infarctus. Un enfant. On accorde pas ensemble ce genre de mots. Et pourtant Tito c'est l'exemple. Celui qui confirme la règle, dit-t-on souvent. Il te désarme comme il t'a fait respirer. Il te reprend ton air. Tu ne sais pas quoi répondre à un enfant qui cherche son coeur. Y a pas de magasins, pas de marchands qui te vendent la vie. Mais comment on dit ça à un enfant malade? Ton regard vacille. Carnet. Tito. Jambes. La porte, Juliet peut être à la rescousse. Vous arrêtant en pleine conversation te sauvant de cette réponse. Mais non. "Tu sais Tito les médecins ils savent. Faut leur faire confiance. Ils me redonneront mes jambes et toi un coeur. Tu verras on ira mieux, bientôt". T'as senti son sourire partir encore un peu, effacer par les questions, ses interrogations enfantines. Tu veux pas le voir comme ça. Quelques minutes qu'il occupent ta vie et pourtant. Pourtant quoi Narcisse? Oh ta gueule toi là-haut! "Tu veux dessiner?" Il a déjà ton carnet et toi les crayons. T'as des couleurs et du noir à l'image de ton imagination. Teintée toujours, mais le noir n'est jamais loin.

" Tu sais dessiner quoi déjà? " Tu cherches ses yeux. Tu prend le carnet, tournant les pages pour ne lui laisser qu'une double page vierge de toute écriture. Tes croquis défilent, comme s'ils s'animaient. Prendre vie un instant. Sur votre page tu écris: dessiné avec Tito. Tu lui tends le crayon. C'est à vous. Votre terrain de jeu de l'après midi.
Oublie un peu. Vis peut-être. Respire encore.
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