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 Faim du loup (Pan pan pan)

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MessageSujet: Faim du loup (Pan pan pan)   Mer 7 Juin - 20:20

Loup il sait que tout ce qu'on pourra donner à manger entre ces quatre murs, ça aurait quand même le gout de la mort. Quelque part, entre deux couches de gâteau, ou tout au fond du gobelet de café... Alors parfois le personnel il fait un effort pour tenter de masquer ça, avec de la crème, du sucre, les jolies serviettes. Il fait tout pour masquer l'odeur des gants de plastique. Des fois ça marche, parce qu'on réussit à se persuader que c'est vraiment vrai. Que c'est bon et innocent.
Mais des fois ça retourne l'estomac.
L'estomac de Loup.

Loup il a faim. Mais pas du petit pain qu'y a sous son nez. Ni de la boisson chocolatée qui fume encore. Il s'était dit "Je vais avaler un truc ça ira mieux après" mais pour aller mieux, faut déjà avaler... Loup il avale pas, parce que ça lui fait pas envie... Finalement. Par contre il jette pas. Mais il reste là, inerte devant le morceau de feuilleté avec deux barres cacaotées dedans. D'habitude ça fait envie, les cochonneries comme ça, non? Non.
Du coup il se dit que le temps lui donnera la faim. Il regarde par la fenêtre qui est à sa droite, Loup: il regarde les corps qui entrent dans l'hôpital et parfois, qui en sortent. (Y a plus d'entrées que de sorties dis...) Le chocolat chaud se fait froid. Petit à petit. C'est presque sûr, Loup il y touchera pas. Mais y a un truc, ce truc, qui le pousse à rester planté là. Assit.
Peut-être à attendre que la nourriture disparaisse, comme par magie.
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Pan
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mots : 42

MessageSujet: Re: Faim du loup (Pan pan pan)   Jeu 8 Juin - 11:29

Tu te sens bien aujourd'hui, Pan. C'est rare. Ça arrive de moins en moins, alors les quelques jours de chance que tu as, tu les prends, tu les saisis et tu les vis. Enfin, t'essaies d'atteindre tes limites, au moins. Tous les jours, tu te dis que c'est triste de (sur)vivre ta vie comme tu le fais, mais t'as pas le choix. T'es comme ça, coincée avec la mort dans ton corps. Elle s'étend, elle attend d'avoir toute la place pour te bouffer crue. Tu sais pas trop si c'est une vie, ça, mais tu sais que sans ça, tu serais déjà morte. T'as déjà pensé à t'enfuir, voir le monde et juste te laisser dépérir en faisant de belles expériences, mais vu ton état, t'es pas certaine que t'arriverais jusqu'à la maison de tes parents. La maison de tes parents ... C'est comme ça que tu l'appelles maintenant. C'est plus chez toi. C'est chez eux. Ta maison, c'est l'hôpital. Ta maison, c'est ce rassemblement de vivants, qui tentent de gratter quelques minutes, de morts, qu'on pleure tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes et de mort-vivants, ceux qui s'inquiètent, ceux qui sont là, mais qu'on ne remarque pas toujours. Ta maison, c'est tout ça, Pan. C'est loin d'être beau, c'est loin d'être chaleureux, mais ce toit et ces gens, c'est tout ce que t'as.
Et c'est très bien.

T'as quitté ta chambre en te disant que t'irais voir ce qu'il y a de bon à la cafette. T'en as marre des pauvres tranches de pain qu'on te donne du soir au matin. A peine tu passes le pas de la porte que tu t'appuies sur le mur le plus proche. Merde, c'est peut-être pas un aussi bon jour que ça. T'en as marre, Pan. T'en as marre de souffrir pour faire trois pas et demi. T'en as marre de rester enfermée. T'en as marre qu'on te surprotège parce que t'es aussi solide que du vent. Main sur la hanche, tu reprends ton souffle. Tu scannes la pièce et de loin, tu reconnais une petite tête, un des mort-vivants. Tu changes ta grimace pour un sourire parce que ta maladie ne te définit pas, Pan ! Ta maladie, ce n'est pas toi ! C'est une part de toi, ça fait partie de toi, mais ce n'est pas toi. Alors tu souris à la vie, aux instants qu'il te reste, à maintenant. Tu souris en te dirigeant vers sa table. T'avances plus lentement que tu ne le voudrais. Si tu l'avais pu, t'aurais sans doute couru. Mais tu peux pas, c'est une de tes limites, ça.

Tu t'affales sur la chaise, en face de lui. Tu ne dis rien, mais t'es contente d'être enfin parvenue à te poser. D'un coup furtif, tu prends le petit pain au chocolat et tu en mors un bout. S'lut, que tu dis la bouche pleine, souriante même en mâchant. T'es rarement gênée avec les gens, tu prends tes aises trop facilement et tu donnes ta confiance comme si on te demandait du sucre. C'est des choses qu'on te reproche souvent, mais pour le temps qu'il te reste, à quoi bon essayer de changer, hein ? T'écarquilles les yeux, en te disant (enfin!) que peut-être il allait le manger. Tu comptais pas le manger, si ? Tu lui retends son bien. Enfin, j'ai pas la lèpre si tu veux on peut partager ...
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MessageSujet: Re: Faim du loup (Pan pan pan)   Jeu 8 Juin - 18:59

La vile tentation qui s'approche, les pas qui accrochent. Loup il fait le Celui qui sait rien, celui qui regarde par la fenêtre parce qu'il veut surtout pas croiser des yeux intrusifs. C'est ce qu'il préfère. Quand il peut voir tout le monde, mais que personne peut le voir lui. Comme ça il peut retirer sa muselière du silence (celle qui l'empêche de tout casser) et déposer les armes à gauche, près de ses cuisses, assit là-haut sur le toit, avec les autres à ses pieds. C'est vraiment ça. À ses pieds. Ils passent en dessous et Loup a envie d'écraser.
Il pense à tout ça quand il est pas d'humeur à voir quelqu'un. Et c'est dommage, parce que les pas accrocheurs se sont déjà installés sur la chaise en face de lui. La place vide. La place pleine, maintenant.
Et des doigts mal éduqués tirent la viennoiserie jusqu'à une bouche féminine.
Loup ne l'a pas vu tout de suite. Il a fallut attendre qu'il comprenne qu'il n'était plus seul pour vraiment regarder droit devant. Droit dans les yeux bridés qui lui font la provocation, mais tout en finesse. Comme elle sait si bien le faire.

"J'en veux pas." Surtout maintenant que t'as croqué dedans. "Prends l'chocolat, aussi."

Mais faut pas qu'elle se sente coupable, la gamine. Loup il sait qu'il y aurait jamais touché de toute façon. Même si son timbre de voix jalonné par l'agressivité atteste du contraire. Mais ça c'est Loup. Si on apprend à le connaître, on finit par savoir que quand il est de mauvaise humeur comme ça, c'est qu'il est normal. Que... les choses ne sont pas pires qu'elles devraient l'être. Parce qu'un Loup content avec un sourire quelque part, c'est pas normal par contre.

Il dépose son menton au creux de sa paume, coude sur des miettes. Mais ça lui fait pas mal.

"Ça doit changer de c'qu'ils donnent d'habitude."

On ne pourrait pas vraiment dire s'il est ironique, ou purement réaliste. Loup jette ses mots avec froideur parfois, souvent. Mais c'est jamais innocent, parce qu'un Loup comme celui-là qui lance ses répliques si durement, ça ne ment pas.

"Comment tu t'sens?"
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