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 aventures (loup)

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Tito
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MessageSujet: aventures (loup)   Sam 3 Juin - 16:47

Aujourd’hui, c’est ce que t’appelles un jour avec.
Oué, parce que, t’avais réussi à dormir, oué, plutôt bien. Et, qu’au réveil, y avait pas la douleur. Non, comme si tout ça était juste un mauvais rêve. Mais, tu sais bien que c’est faux. Que demain, dans une heure, une minute, tout reviendrait. Encore. Tu te sens mal. Faible. Tu te sens vide. Maigre et peut être même moche. Parce que les médicaments t’affaiblissent, les chimios t’enfoncent peu à peu dans l’oubli. Tu n’en peux plus. Mais, aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est ce que t’appelles un jour avec.

Parce que tu peux te mettre sur tes deux jambes, sourires aux lèvres. Tu écoutes l’infirmière papoter joyeusement en te changeant tes perfusions. Ils n’auront pas besoin de te changer, toi. Oui, parce que t’as pu aller à la douche tout seul et même, enfiler tes vêtements. Oué, depuis le temps, t’as heureusement toute une commode pleine de vêtements confortables. Parce que Dieu, que tu ne pourrais pas rester en robe d’hôpital les fesses à l’air ! Et ça te fait sourire. Alors, tu oses demander. Si tu peux aller te promener. Pas loin, tu sais. Juste quelques pas là, dans le couloir. Aller jusqu’au distributeur, t’offrir un kinder bueno et repartir. Tu sais que rien que ça…ça t’épuisera. Mais, tu t’en fiches.

Alors, tu poses un pied devant l’autre. Tremblant. Tu sais qu’on te laisse faire parce que c’est bon pour toi, de marcher. Pour ne pas que tes muscles s’atrophient, pour ne pas oublier. Mais, ça fait un peu mal quand même, là, quand tes genoux se plient et se déplient. Mais tu ne dis rien. Juste un petit sourire, un petit signe de la main. « A toute à l’heure. » Comme si tu partais en cours. Comme avant. Mais non. Les cours, t’es bien trop en retard pour les rattraper. Et en plus, tu sais, que l’infirmière, elle sera jamais trop loin derrière toi. Au cas où. Au cas où le corps lâche, les jambes flanches, les os cassent. Oué, au cas où.

Sourire aux lèvres.
C’est un jour avec.
Alors, tu pars à "l’aventure".
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Sam 3 Juin - 22:38

Sa silhouette se fait fantôme et fugacité, disparait dès qu'on commence à sentir sa présence du coin de l’œil. Il se meut farouchement, évite les foules et jauge les solitaires d'un regard bref. Loup se dit que si quelqu'un pose le pied sur son ombre, le jeu est perdu.
"Protège-la"
Il joue, se cache quand on se manifeste et s'incline poliment lorsqu'on a le dos tourné. Aujourd'hui, Loup ne veut pas qu'on le voit. Qu'on lui parle. Qu'on l'arrête. Des fois ça marche comme ça, pour Loup. Il aime juste faire comme les gens normaux, devenir un visiteur qui n'a personne à aller voir. Celui qui ne craint ni la maladie ni la mort. Celui qui ignore. (...) Les néons au plafond claquent des pulsations qui reflètent les figures malades de ceux qui entrent dans les chambres. 304, 305, 306... Loup il avance, il progresse dans le bois nu et hermétique qui vomit ses couloirs, se dit que tout ce blanc est violent.
Peut-être par crainte d'attraper les maux ou de bouleverser des univers fragilisés, il évite le contact avec les paires d'épaules qui vont à contresens des siennes. Il ne touche rien ni personne et veille à ce que son ombre le suive de près. Elle s'en ira s'il ne fait pas attention, et elle se rebellera contre lui. Comme dans Peter Pan.

Ce n'est pas l'heure. Personne ne doit la voir. Parce qu'elle a besoin de dormir, d'être gardée par les couvertures et les machines. "Maman... Est-ce que tu me regardes?" Les graphiques qui dessinent des montagnes et des plaines. Loup, il comprend pas forcément tous ces schémas, mais quand il voit ces tableaux étranges et curieux, il aime bien qu'il y ait beaucoup de hauts et de bas, que ce soit pas régulier.
Au fond de lui, il sait que c'est mauvais signe.

"Elle fonctionne pas."
Ses yeux usés accusent la caisse énorme devant lui, avec plein de rangées dedans. On lui a dit qu'elle contenait des choses, tout un tas de trucs pour remonter le moral et faire plaisir au ventre. Loup il peut pas être d'accord avec ça, surtout quand la caisse énorme elle vibre pas, même à coup de pièces dorées.
Il entend le bruit des roues, derrière lui. Il entend que quelqu'un arrive. Loup le sait, mais Loup ne bouge pas. Il se fait animal prit en embuscade, trop hypnotisé de voir quelque chose qu'il ne comprend pas. Qui ne lui plait pas. Alors Loup, il se tourne vers celui qui porte son arme de guerre en main, arme de guerre qui plante son corps avec tout plein de fils et de tuyaux qui ont l'air de faire partie de lui. Loup ça l'effraye pas. Ça l'effraye plus. Des hommes-machines il en voit tout le temps, maintenant.

Loup observe.

"J'ai essayé, tu sais. Elle veut tout garder pour elle."
Il inspire.
"Tu veux tenter?"
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Tito
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Sam 3 Juin - 23:19

T’as les pas qui s’enchaînent, et, t’as l’impression de faire un marathon. Alors que y a quoi ? Cinquante mètres, cent mètres, qui séparent ta chambre du distributeur. Juste un couloir. Un foutu couloir et pourtant, t’as l’impression que tu vas tomber. T’as l’impression de ne pas y arriver. Le souffle court, le corps transpirant. Mais, pas après pas, tu avances, là, jusqu’à cet endroit où tu sais que tu pourras prendre un kinder. Parce que tu aimes le sucré. Parce que c’est un peu comme une récompense, oué, pour toutes ces heures à vomir, à ne pas avoir faim, à te faire nourrir par intraveineuse. Oui, une récompense.

Et puis, ça te fait du bien, de ne plus voir les murs de ta chambre, aussi décorés soient-ils. Tu vois le trop blanc du couloir. Celui de cet étage qui enferme vos cas. Ceux des plus désespérés tu penses. Parce que tu les entends, parfois, les gens pleurer. Pourtant, tu sais qu’ici, tout le monde essaie. Un peu, beaucoup. Mais, que parfois, jamais ou plus. Toi, ça t’arrive, tu sais. De ne plus vouloir, pouvoir. Mais, aujourd’hui. Maintenant, tu te sens bien alors, tu y vas. Chercher cette sucrerie. Malgré ton front rouge d’effort.

C’est là, que tu l’aperçois, silhouette devant la machine. Tu fronces un peu les sourcils, mais, continues ton avancée, petit sourire au bord des lèvres. Tu lui souris lorsqu’il te voit. Il est beau. Le garçon. Vraiment. Alors, ça te fait même presque rougir de le voir. Le détailler quelques secondes, tu penses que ce n’est pas un patient, mais, tu pourrais te tromper. Pourtant, tu le penses, parce que y a les vêtements, pas de médicaments. Et qu’ici, les voisins, ont plus ton allure que la sienne. Unh ? La machine ne marche pas ?

Tu finis par te retrouver à ses côtés, légèrement haletant. « Ah bon, mais…je voulais un kinder moi. » Tu fais une petite moue, fouilles rapidement dans ta poche pour en sortir quelques pièces. « Oué, je vais essayer quand même. On sait jamais ! » Et les pièces glissent en faisant ce petit bruit métallique que t’aime bien. Ça tombe dedans, tu tapes le numéro et espères, vraiment que les kinders tombent. Et… Grand sourire sur tes lèvres ! « Oh cool ! Tu avais demandé quoi toi ? » Tu te penches, grimaces et lâche sans faire exprès une plainte. Ça te fait mal de te pencher comme ça, mais, tu attrapes les gâteaux et te tournes. « On partage ? »

Tu le détailles. Il te fait penser à un animal. Pas blessé, mais, sur ses gardes peut-être ? Oué, ça doit être ça. Tu t’appuies un peu plus sur ton portant à roulette. Ça te soulage un peu. Merde, tu veux pas ravoir mal maintenant, non. Surtout que c’est la première fois que tu vois quelqu’un de nouveau. Ou quelqu’un tout court depuis un moment, en dehors des docteurs bien sûr. « En fait, t’es qui, toi ? Moi s’est Popy. » Et tu ouvres le paquet en lui tendant un des kinders.
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 0:05

Il y a ce garçon qui est déçu.
Loup, il sait pas comment il s'appelle. Qui il est. Loup, il l'a jamais vu, il a jamais entendu ce timbre de voix fatigué, éreinté par les perfusions et par le sang qui circule trop lentement. Loup il voit seulement qu'à côté, c'est un autre garçon, plus jeune que lui, qui connait déjà le mal dans le corps. Le mal où ça? Les jambes, les bras, le ventre, la tête? Il sait pas, Loup. Il peut juste sentir la maladie, pas détecter précisément où elle se trouve. Et puis de toute façon, un pouvoir pareil il le jetterait.

Il voulait un Kinder, le garçon. C'est... C'est la barre chocolatée, là derrière la vitrine de la caisse énorme qui répond pas. Loup comprend parce qu'il regarde aussi, et se demande si ça a vraiment du gout, ce machin-là. En même temps, il se dit aussi que le garçon à côté, il a l'air de venir de loin avec les couleurs rosées sur son visage et son souffle un peu saccadé, coupé par l'effort. Que lui aussi, il a les cheveux presque-rasés, les sacs sous les yeux et le regard bleu. Du coup, Loup a un peu l'impression de se regarder lui-même. Et ça le perturbe.

Pièce poussée dans la fente et qui rebondit à l'intérieur,
le bouton 11 enfoncé fait se réveiller le monstre mécanique.
Le garçon, il a réussi à avoir son Kinder.

"Heu... Wow."

Y a la surprise qui émane de sa voix. Peut-être que Loup a mal fait la manœuvre? Quand l'autre garçon l'a fait, ça avait l'air simple. Loup il a pas compris comment on faisait alors? Pourquoi sa pièce a disparu sans rien en retour. Est-ce qu'il n'y a que certaines personnes qui peuvent accéder aux choses bonnes pour le ventre?

"... Ça. J'aime bien la couleur de la boite. Mais tant pis."

Il fixe le paquet blanc vertical avec intérêt. C'est le numéro 13. Pour les Mikado. Mais il se leurre pas, Loup. Son argent, il reviendra pas. C'est l'emballage tendu à lui qui lui fait oublier: dedans, c'est le Kinder. Et là... Y a une réaction chimique qui se produit en lui. La vue du chocolat, peu importe ce que c'est, le gout que ça a: Loup sait qu'il en veut. Il saisit le paquet qui fait son bruit de plastique, souffle l'ébauche d'un Merci. C'est pas dans ses habitudes, vraiment. Il a l'impression qu'il va écraser la friandise s'il presse trop fort dessus. Loup il avait pas remarqué, mais ses paumes son chaudes. Assez pour faire fondre tout ce qu'on lui donnera.

"C'est pas commun. Comme nom."

(Faut pas voir le jugement dans ses mots tranchants)

"Moi c'est Loup."

Et puis lui aussi, c'est pas commun. Il s'en formalise pas, préfère détourer l'emballage plastique et sentir l'arôme chocolaté du biscuit. Loup croque dedans, et c'est l'explosion gustative. L'huile de palme est puissante et fait correctement son boulot dans son palet. Le Kinder, il va bientôt plus exister.
Y a un truc qui l'occupe. C'est le garçon. Popy. Enfin non, pas vraiment... Si, peut-être.

"Tu peux pas te déplacer, sans?"

Et il regarde la machine qui suit Popy, l'aide à subsister. Il se rend pas compte, Loup... mais ce qu'il dit, ça peut faire du mal. Ça peut rappeler que Popy, il dépend de quelque chose. La vérité, c'est que Loup il connait que les maladies silencieuses qui rongent de l'intérieur, celles quand la personne peut pas bouger, parler, parce que ça fait trop mal. Alors, Loup, dès qu'il voit quelqu'un qui semble capable de vivre normalement, même avec des armes de guerre à la main, il peut pas s'empêcher de demander, de vouloir savoir.
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Tito
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 9:18

T’es content de l’avoir trouvé. Lui. Loup.
C’est étonnant, aussi, comme prénom, pas commun non plus. Tu souris doucement. Loup. Finalement, t’avais peut-être raison, Popy. Pour l’animal. Parce qu’il en a le prénom et un peu, le regard, sur ses gardes. Qui ne sait pas si l’humain devant lui est bon ou non. Mais, tu t’en fiches, vraiment. Tu vas lui montrer que tu es bon, bien. D’ailleurs, quand tu vois sa réaction face au kinder, tu souris encore plus tout en commençant à déballer et manger le tient. Mhmm. Tu fermes les yeux, gémis un peu. Comme c’est bon. Bien meilleur que les plateaux de la cantine, quand tu peux manger. Bien meilleur que le goût de la chimio et du sang. Oh oui, c’est bon, gras et sucré, tu pourrais en manger des dizaines, tu penses. Mais, tu y vas doucement toi vois. Juste un petit pont par un petit pont. Pour faire durer le plaisir. « Tu vois, c’est aussi bon que les autres ! » Pour toi, c’est ceux-là les meilleurs.

Puis, tu sursautes un peu le regarde surpris. Lui, puis ce foutu portant. Celui remplis de poches et de fils. Y a même un petit moniteur qui prend les battements de ton cœur. C’est chiant, et lourd. Mais, les docteurs, ils disent que ça te sauve la vie. Toi, tu penses juste que ça te fait mourir moins vite. Parfois. Pas tout le temps. Mais, oué, y a un peu de ça quand même. Parce que sinon, tes parents te souriraient encore un peu. Ils viendraient encore un peu. Ne te laisseraient pas seul. Tu leur en veux. Tellement. De te laisser seul, là. Tu voudrais leur hurler dessus que ce ne sont que des lâches. Qu’ils ne seront pas là quand tu n’en pourras plus. Mourir seul. Ça te fait tellement peur. Tellement. Enfin, là, pour le moment, tu sais pas trop comment prendre les paroles de Loup. Mal, oh non. Il peut bien demander, vraiment, ce ne serait pas le premier. Mais, d’abord, tu avances doucement vers les sièges beiges posés non loin du distributeur. Sinon, tu vas finir par tomber t’es sûr.

Un pas et un autre et, tu te laisses tomber en soufflant sur le siège. Fermer les yeux, soupirer. Putain. Que c’est dur. Les rouvrir faire un signe à Loup en lui souriant. « Tu viens ! » Et, chercher comment lui répondre, tes mains enfin libres de toutes prises. Tu continues de déguster de façon lente ta sucrerie. « Bah tu vois…non, c’est, ils disent comment les docs…ce qui me sauve la vie ! Enfin, quand j’peux me déplacer, tu vois. Parce que…souvent, ça me fait trop mal. » Tu perds un peu le sourire, dernier morceau entre tes lèvres. Oui, mal. Tellement. À en hurler, à en pleurer. Mal à ne plus vouloir. « Mais ! Aujourd’hui, c’est un jour avec ! » Et tu souris à nouveau. Fort. « Alors, on m’a laissé partir un peu à l’aventure. Et r’garde je suis tombé sur un Loup ! » Sourire, rire doux. Tu es content de l’avoir trouvé lui. Le Loup. Et toi, le petit chaperon ? « Et toi…tu… » Mais, t’oses pas vraiment lui demander. Pourquoi il est là. Si lui aussi, il est malade. Mais, tu penses pas. Ou si quelque part dans une de ces chambres, il y a un parent, une mère, un père, une sœur, un frère. Ou bien un ami, une petite-amie, un petit-copain. T’en sais rien, vraiment. Mais, tu aimerais oué, qu’il te dise aussi une petite part de ça. Comme tu lui a dis la tienne.
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 11:25

Popy, il a quelque chose qui impressionne un peu. Même fatigué, Loup peut sentir que ça crépite encore fort en lui. Assez pour que ça le touche aussi. Alors Loup se fait créature attentive prête à contourner le piège à dents, se fait canidé qui veut voir au-delà des frondaisons.

Y a l'expression joyeuse sur le visage de Popy, le sourire ingénu et pur. C'est un peu communicatif, ça aurait presque pu déborder sur le faciès de Loup s'il était pas déjà aussi habitué à rester sec. À rester intouchable, animal sauvage qu'on apprivoise pas. Loup il a du mal à laisser entrer les autres dans son domaine, celui où il fait sa ronde chaque matin et chaque soir pour s'assurer que personne ne dépassera la frontière. Pour s'assurer que personne ne viendra l'importuner elle.
Alors Loup parle pas de sa protégée, il partage pas, garde ça égoïstement pour lui.

Il redevient silence, observe Popy qui rejoint les sièges. Là, il lui montre bien que les poches transparentes qui pendent à son sceptre lui sont vitales. Que sans elles, Popy il aurait pas su venir jusqu'ici. Et Loup il réalise pas explicitement ce qui se passe à l'intérieur des émotions, mais ça le touche. Là, en plein myocarde. Et il s'en veut pour ça, parce qu'aujourd'hui il s'était dit qu'il parlerait à personne. Pour pas avoir mal.

Popy appelle, demande au Loup de s'approcher. Et Loup tout à coup, il est plus sûr de vouloir. On le voit, parce qu'il met du temps à réagir. Le biscuit a disparu dans son estomac, emballage froissé dans sa paume. Sa paume toujours brûlante. Il ressemble un peu à l'animal de passage à qui on a tendu une main pleine de jambon et qui, après avoir tout mangé, disparait.
Mais là Loup il peut pas disparaître. C'est pas possible. Entre quatre murs, puis devant lui une proie qui lui sourit, comme ça... Ça donne pas envie de fuir, un visage aussi expressif et ouvert. Au contraire, même.

Alors oui, il s'approche.
Avec mesure, on n'entend pas le bruit de ses pas, ni quand il s'assoit. Loup il écoute ce que Popy dit. Il écoute sans rien dire, sans rien ajouter. Avec un mutisme sincère, qui ne veut pas dire je m'en fiche, mais parce qu'il comprend tout. Parce qu'il enregistre. Au fond de lui les paroles résonnent, se font marques à la craie blanche dans son univers noir.
C'est le "Et toi" qui va le sortir de là.

Et lui. Qu'est-ce qu'il fait ici. Qu'est-ce qu'il attend.
La question rebondit, comme la pièce de monnaie tout à l'heure. Attendant que ça émette le bruit de la réception, y a le temps de la réflexion. Oui, Loup, qu'est-ce que tu fais ici? Il voudrait savoir. Est-ce que tu vas lui dire? Loup, t'es pas là pour dévorer, mais pour protéger. Ça, tu vas lui dire?

"Il y a quelqu'un que je connais, et qui est ici."

Loup ne regarde pas Popy dans les yeux. Certains diraient "c'est parce qu'il est pas honnête" "il dit pas la vérité"... C'est pas vrai. Loup, il regarde pas Popy dans les yeux, parce qu'il ose même pas se regarder lui-même non plus. Quand il dit qu'il vient pour quelqu'un, il sait pas dire qui. Pourtant il sait, il le crie en lui chaque seconde comme une plainte nécessaire. Et puis aussi parce que ça le rend amer de se rappeler du linceul, de Maman qui a mal et qui souffre sans savoir pourquoi parce qu'elle se réveille pas.

"J'ai pas le droit de... d'aller la voir."

Ils lui ont dit que c'était pas l'heure, qu'elle devait dormir et qu'on pouvait pas interrompre son sommeil. Puis il se rend compte qu'il vient de faire chuter la température avec ses mots de funambule, ceux qui risquent de s'échouer dès qu'il y a une brise de vent. Alors Loup serre ses mains jointes, cherche le regard de Popy qu'il trouve. Ça lui fait un électrochoc mais il arrive à cacher ça. Un peu.

"Est-ce que ça va te guérir, tout ça?"

Psychologiquement, c'est une question égoïste. Parce que si Popy répond oui, ça signifiera aux yeux de Loup que Maman aussi, elle pourrait s'en sortir.
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Tito
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 13:03

Tu hoches doucement la tête.
Tu regrettes un peu, d’avoir fini le kinder.

Mais, tu l’écoutes, sourires aux lèvres. Et tu comprends, ce qu’il dit. Même si c’est pas si clair, tu comprends que ça peut faire du mal. De trop en dire. De trop s’aventurer. Tu comprends pas non. Tu peux pas dire que tu comprennes parce que toi, t’es pas du même côté. Tu te rends pas compte des douleurs, des larmes que ça peut créer tout ça. Mais, t’as aussi ton mal, trop mal. Alors, tu l’écoutes simplement, sans rien dire. Juste le regarder. Lui est son visage un peu fermé. Mais, c’est pas grave ça t'arrête pas. Parce que, peut-être qu’il a juste besoin d’un peu de soleil et qu’alors il pourra sourire à nouveau ? Toi, tu essaies, vraiment de sourire. Parce que c’est toi, sociable, souriant, fêtard, qui s’amuse de tout, de rien. Alors, quand tu vas bien, tu souris. Pour te souvenir. De qui tu es. De qui tu étais ? « Oh…peut-être que tu pourras tout à l’heure. » T’en sais rien, vraiment. Tu sais que y a des horaires de visites. Alors, peut-être que c’est simplement pas l’heure. Peut-être.

Par contre, tu t’attendais pas à sa question. Non. Est-ce que tout ça va te soigner. Tu tournes la tête et regardes les poches, tes perfusions. Celles qui te blessent malgré elles, sous ce gros pansement à ta main. T’as aussi un trou, ils disent comment déjà, un cathéter, sur le ventre. Parce qu’à force, les veines de ta main, elles fatiguent. Alors, quand tout va vraiment mal, c’est au ventre qu’on te branche. Il ne s’enlève jamais ce truc. C’est là, caché sous un pansement aussi. Tu grimaces. Ne sais pas quoi lui dire. Le regarder à nouveau, te mordiller la lèvre. Tu as peur. « Je…crois pas… »

Et y a tes yeux qui brillent, ton regard qui se détourne pour fixer tes pieds. Tes doigts qui se torturent un peu ensemble. Tu ne crois pas. Plus. « Mais…ça m’a déjà soigné, tu sais. Je suis déjà rentré à la maison…Mais…c’est revenu, pire. Alors…je suis pas sûr que ça me guérisse totalement. » Tu veux pas qu’il prenne peur. Tu veux pas. Parce que y a cette personne couchée quelque part pour lui. Et…tu veux pas qu’il croie que c’est pareil pour tout le monde. « Mais…je garde espoir. Et puis ! Moi c’est moi ! Peut-être… » Tu relèves les yeux, toujours trop brillants. Parce que tu le dis pas. Mais, y a dans ta tête le mot qui résonne. Mort. Popy, tu es surement en train de mourir. « Peut-être qu’elle ira mieux, elle, tu sais. » Et tu souris. Même si ton regard se fait un peu hanté. Tu lui souris. Lui attrape la main, dans un élan de folie ? Tu serres ses doigts contre les tiens. Et tu te rends compte que tu as les doigts très froids, comparés aux siens brûlants. Tu as un peu envie de pleurer, de crier. De demander pourquoi. De demander ce que t’as fait pour mériter ça. Tout ça. Mais, tu le fais pas, tu te tais, en lui souriant doucement. En essayant de le réconforter. Un peu.
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 14:59

Loup fait taire la tristesse. Il se fâche un peu avec, parce qu'elle commence à s'approcher dangereusement de lui et à l'englober alors qu'il veut pas. Pas aujourd'hui. La tristesse elle le fatigue, tire les arcs sous ses yeux et le rend imperméables aux autres émotions.
Et Loup veut pas être imperméable à ce que dit Popy.
Il a des blessures, Loup. Pas qu'à l'intérieur: sur le visage, un peu. Et ailleurs sous le tee-shirt. Des ecchymoses qui ont mordu sa peau, ont fait naitre le liquide rouge parfois. Là c'est sec, alors on le voit pas. Moins. Mais des fois le Loup il sort pour de vrai d'ici, et ses phalanges embrassent les visages trop près. Loup, quand c'est pas avec lui-même, il se bat avec les autres. Avec ceux qui l'encerclent le rictus aux lèvres, ceux qui sont tout seuls et ricanent, ceux qui l'ont cherché et ont dépassé la frontière. Ceux-là, il les prend en chasse, Loup. Et il s'arrêtera pas.

Bien sûr qu'il ira tout à l'heure. Il en a besoin. Quand il va la voir, c'est un peu le moment que Dieu lui donne pour souffler. Pour souffler à la place de celle qui ne pourra peut-être plus le faire. Loup, il vit pour les autres. Pour elle.

"Je suis désolé."

Pour ses paroles maladroites. Il s'en rend compte... parce qu'il voit le visage de Popy, son regard qui s'éclaircit mais qui à l'intérieur s'assombrit. Les gens offrent leurs plus beaux sourires dans les moments où ils sont les plus malheureux. C'est ce que Loup a compris à force de compter les sourires rassurants qu'on lui sortait pour calmer la douleur.
Puis il y a la main froide qui fait éclair avec la sienne. Loup il a eu la réaction un peu forte de tressaillir quand Popy s'est invité en plein sur sa terre sacrée. Les doigts qui se referment sur leurs congénères, prient ensemble... C'était inattendu, ça, Loup l'aurait pas vu venir, même à des kilomètres. Personne prend une main aux phalanges rongées comme la sienne; c'est le signe de la violence ça, pas de la protection... Il veut pas que ça effraye Popy, cette peau effritée. Alors le sang dans les veines il se dépêche, parce que le cœur il connait pas le traitement qu'il vient de recevoir. Tout ce qu'il sait c'est que... c'est pas désagréable.

Et pour la première fois, Loup sourit.
C'est très léger, mais ça suffit. Parce que maintenant,
il regarde Popy droit dans les yeux.

"Je reviens ici tous les jours parce que j'veux la voir ouvrir les yeux, parce que j'veux l'entendre dire que tout va bien et qu'on va pouvoir rentrer."

Mais c'est encore jamais arrivé. Y a le début d'un éclat d'émotions qui lui monte à la gorge. Instantanément, Loup chasse le mal hors de lui, s'en débarrasse et le jette au loin comme il jettera l'emballage plastique. Il en veut pas, de toute cette inquiétude. Il en veut plus. Lui il tient debout, il peut marcher, courir, retourner au distributeur quand il veut, sortir même ! Et s'il pouvait... Il hésiterait pas à donner sa bonne condition à Popy.

Ses doigts se resserrent instinctivement sur la main froide, cherchent à lui transmettre leur chaleur.

"J'me rends compte qu'il y a d'autres choses qu'il faut protéger, ici. Est-ce que... tu penses que tu serais prêt à accepter la visite d'un Loup? Il apparaît un peu quand ça lui chante, surtout ces derniers temps."
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 16:05

Il s’excuse. Tu ne sais pas trop de quoi. Peut-être d’avoir demandé. De s’être insinué un peu profond dans ton intimité, ta vie d’ici. Tu sais pas. Et, tu hausses juste les épaules pour lui répondre. Parce que c’est pas si grave. Parce que c’est pas le premier qui demande une telle chose. Et puis y a ses doigts chauds contre les tiens, et ça fait du bien. Tellement. Alors, c’est pas grave. Vraiment. Parce que ça t’arrête de faire briller les yeux, parce que ça te refait sourire, encore. Tu voudrais la serrer encore plus contre toi. Cette chaleur bouillante. Ces doigts qui semblent abîmés par la vie. Comme toi, tu l’es. Oué. Et tu comprends tellement. Ce que c’est de vouloir que tout se termine, de vouloir rentrer à la maison, que tout soit enfin fini. Tu sais tellement ce que c’est de vouloir ça. Une vie meilleure. Mais, tu sais aussi, que ce n’est ni lui, ni toi, ni elle qui déciderait. Non. Ce sera la vie. Cette chienne. Celle qui décide, qui se dit aller, Popy, tu t’amuses trop, je vais te faire mourir, doucement, en souffrance. Pétasse, tu la hais.

Sourire, tu regardes vos doigts enlacés puis, tu le regardes lui et, y a du chaud à ton cœur. Parce que oui, oui, tu veux que Loup, il vienne. Parce que tu te sens tellement seul en ce moment. Abandonné. Terriblement. Les appels des parents ne suffisent pas pour aller mieux. Se rendent-ils comptent qu’ils te dépriment, qu’ils t’enfoncent encore plus en faisant ça ? En s’épargnant de souffrir de trop, ils te font souffrir de plus. Grimace pour toi, tu enserres un peu plus ses doigts. « Mhmm, oué, ce serait top. Tu vas voir, ma chambre à trop la classe ! J’ai pu mettre des posters et tout. Et puis, t’sais y a pas grand monde qui passe alors…oué, j’veux bien d’un Loup protecteur. » Lui sourire. Tu voudrais encore manger du kinder.

« Est-ce que tu aimes le skate ? » Tu veux un peu, commencer à le connaitre. En dehors des murs. De lui montrer aussi toi, qui t’es. En dehors de cette carcasse trop maigre, trop fragile, que tu te traînes depuis maintenant trop longtemps. « J’en faisais plein avant, je me débrouillais pas trop mal j’crois ! » Peut-être avez-vous des points communs, des choses à vous raconter. Il semble plus vieux, mais, pas tellement non plus. Il te ressemble aussi, un peu. Mais, c’est pas gênant ça. C’est même un peu marrant. Est-ce que le destin a finalement décidé de te faire un peu de bien ? Oué, peut-être, t’espères.
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 16:59

C'est drôle mais... Non, c'est pas drôle. C'est étrange plutôt. Mais Loup et Popy, ils vivent tous les deux près des portes de la Mort, toutefois en vivant la chose d'une manière tout à fait différente. Parce qu'il y en a un qui va peut-être les passer; l'autre il les verra potentiellement se refermer avec la personne qu'il aime... Ils sont les clients de la Mort, ceux qui attendent dans la salle blanche en attendant qu'elle les endorment.
Mais si Loup met le pied dans la porte, alors...

"On verra si t'as des bons gouts en matière de déco. J't'aiderai sinon."

Et là... Ah ! Le sourire s'élargit encore un peu, prend de l'ampleur. Ça commence à ressembler à un vrai sourire. Le sourire de Loup c'est la pépite trouvée dans le fond de la grotte, impayable. Celle qu'on a mis du temps à chercher, mais maintenant qu'on l'a elle cessera pas de briller. Loup il sent la chaleur qui remonte, de ses mains jusqu'aux bras, puis le torse. Le cœur. La cage thoracique qui vibre à cause de la vie qui s'agite en elle, qui fait un peu la fête maintenant que la tristesse elle est partie. Elle pourrait revenir mais... Là pour le moment, c'est le chaud qui fait barrage, obstrue les portes.

"Ouais. J'en ai fait, et j'ai un peu galéré à cause de ma taille. Plus t'es grand, plus c'est la merde pour tenir debout sur une planche."

Il se rappelle des chutes épiques sur le tarmac. Y a des blessures du corps qui sont dues à cause des roulettes fuyardes qu'ont pas voulu de lui sur elles. Les sports de rue, Loup aime. Surtout quand ça peut se pratiquer en solo, qu'il a pas besoin de suivre ou d'attendre. Qu'il peut se sentir libre, se faire mal peut-être, mais pour se savoir vivant.
Ne rien ressentir, c'est pire que la douleur.

"Faudrait que j'te présente à mon chat. C'est une teigne, mais je l'aime bien. Elle s'appelle Kirjava."

Comme dans le livre, là... Enfin. La culture de Loup, c'est autre chose. Il sait des trucs, mais les noms, c'est pas encore ça. Quoique Popy il aura pas de mal à s'en souvenir. Parce que c'est atypique. Comme lui peut-être. Les animaux, ça a quelque chose d'apaisant. Loup le sait, Loup qui vit avec le chat. Dès que ça ronronne, que ça fait son bruit de moteur animal, ça fait comme du baume au coeur. Il parait que la médecine commence à prendre en compte la présence des animaux au sein des thérapies. C'est peut-être bien vrai.

"S'ils interdisent pas les animaux ici, j'pourrai la rapporter."

Il a pas demandé si Popy était allergique. Parce que ça parait impossible aux yeux de Loup, d'être allergique à des créatures aussi mignonnes, aussi petites, aussi rien du tout.
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Tito
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 17:34

Tu ris doucement en l’imaginant sur une planche de skate, parce qu’il n'a pas tort. Toi aussi, t’avais l’air d’une grande asperge trop haute sur des roulettes. Pourtant, t’as toujours persévéré ! Tu sais plus trop à quel âge t’as commencé le skate, mais, t’étais encore tout gosse. C’est le papa qui t’as offert la première. Celle qui a déclenché la passion de la glisse, les côtes brisées et les genoux éraflés aussi. Mais, t’en avais rien à faire, tu remontais, recommençais, ressayais. Mais, maintenant. C’est impossible. Interdit. Jamais plus on te laissera monter sur une planche. Et pourtant, parfois, tu voudrais tellement, ne serait-ce qu'aller tout droit, là, dans le couloir. Glisser, c’est un peu comme voler. Ça fait se sentir libre et vivant. Tu adores ça. Vraiment. « Oui, c’est vrai ! En plus, on tombe de plus haut. » Et tu lui souris, et il te sourit. Et il beau. Loup. Avec son sourire. Ça te fait plaisir, te rend le cœur tout chaud. « J’crois pas que ce soit trop moche, mais, peut être que tu auras des posters plus sympas. Y a aussi un peu de dessins. » Et sourire encore. Pourtant, t’as comme l’impression qu’un petit quelque chose cloche là, dans ton corps. Mais, t’y fait pas attention.

Surtout quand il parle du chat. Y a tes yeux qui pétillent, tu te mordilles la lèvre. C’est cool les chats. Tout doux et ça ronronne. T’en as un à la maison. Tout blanc et un peu roux. Il est beau. Un peu gros, tu crois. Mais beau. Et, comme une crème, il se laisse faire, se laisse aimer. Il te manque parfois. Parce qu’il sait se blottir comme un doudou. Là, dans le creux des bras. Durant une nuit de tristesse. Oui, il se glisse sous la couette pour donner sa chaleur et sa tendresse. Ton chat. Son chat aussi, surement. « Moi aussi, j’en ai un. Mais, il est vieux maintenant. Et puis mes parents n’ont jamais eu cette idée de l’amener ! J’aimerais beaucoup. Vraiment. »

Le regarder, avec espoir. Le regarder avec le sourire. Parce que c’est une super idée. « Je demanderais au docteur, j’suis sûr qu’ils me laisseront faire. Finalement… » Tu tournes un peu la tête. Tu veux pas finir cette phrase. Parce que finalement, on autorise souvent tout, aux enfants qui meurent. Oué, tu veux pas le dire ça. Parce que t’as encore une petite étincelle. Toute petite, mais, elle est bien là. « Comme ça, elle me fera un câlin tout doux. » Et sourire encore plus grand. Jusqu’à grimacer violemment. T'as le rose de ta peau qui devient blanc d’un seul coup. Ta main qui se crispe sur celle de Loup. Gémissement entre tes lèvres. Tu trembles.

Non non non. Tu veux pas. Que ça recommence. En plus, tu es content d’avoir trouvé Loup. Tu ne veux pas qu’on t’en sépare déjà. Hors de question. Tu attrapes rapidement ce petit bouton posé à côté d’un tube. Et, un peu tremblant, tu cliques dessus. Une fois. Le liquide transparent glisse, se faufile. Là, dans tes veines. Morphine. Pour ne pas avoir mal. T’as des dosées régulées. C’est à toi de choisir quand les prendre. Et, si tu en prends trop, ça marche plus. Parce qu’il parait. Que c’est un peu de la drogue. Les mains tremblent, le corps aussi et tu fermes les yeux. Vite vite, que ça fasse effet. T’as peur que l’infirmière le voie. T’as peur qu’on te ramène et tu veux pas.

Tu sais même pas combien de temps passe, avant que la douleur s’en aille. Pas totalement, ça non. Elle est encore là, palpable, mais, c’est juste sous la surface, comme la caresse d’une plume. Pas assez pour vraiment souffrir. T’as l’habitude de tellement plus. Tu rouvres les yeux. Un peu perdu. « Euh… » Et tu sens encore ses doigts chauds contre les tiens, que tu serres violemment. « J’disais quoi ? »
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 19:06

Loup il peut pas s'imaginer la maladie qui ronge Popy. Il sait seulement que derrière les sourires et la volonté il y a la vie qui s'effrite, se dévore elle-même et fait mal à son hôte. C'est pour ça que... qu'il dit jamais des choses comme Ça ira mieux tu verras, parce qu'il sait que ça pourrait être pas vrai. Loup il sait aussi que la Mort, elle existe pour de vrai. Mais il en a seulement un avant-gout avec Maman qui dort.

Des dessins. Popy parle de dessins... Tout de suite, ça fait vibrer les cordes artistiques de Loup. S'il en a, parce que l'art, c'est vaste. Parfois ça sort des doigts des gens avec une facilité déconcertante, parfois on est juste pas fait pour se faire exposer dans une galerie. Mais y a pas besoin de cadres et de visiteurs pour créer l'art. C'est ce qu'il se dit. Et il se dit aussi qu'il pourra peut-être faire des gribouillis ou dessiner des choses que Popy aime bien pour pouvoir participer à la tapisserie de sa chambre. Et puis c'est pas tout, Popy il vient de lui apprendre qu'il a un chat ! Un vieux chat. Peut-être qu'il s'entendrait bien avec Kirjava? De plus en plus ça parait être une idée de génie, apporter la vie dans cet hôpital. De la vie animale, celle qui ne parle pas mais qui ressent. C'est parfois plus puissant.

Puis soudain, tout s'effondre.
Popy avec.
Il chute, se tord en deux quand l'expression du mal s'empare de lui. Nouveau coup de froid qui s'abat; Loup il sait pas quoi faire. Il panique. Devant lui c'est un malade qui est en train de souffrir, c'est Popy! Il a perdu ses couleurs et est en train de se battre avec la maladie pour appuyer quelque part sur son sceptre. Loup il est perdu. Qu'est-ce qu'il doit faire? Il pourrait l'aider mais il sait pas comment, où il faut appuyer pour que ça fasse du bien, pas du mal. Loup il a envie de l'aider, de le relever, mais il sait qu'il pourrait mal faire les choses, comme la boite de biscuit de tout à l'heure qu'il a pas réussi à avoir. Il sent juste que la pression sur sa main s'est renforcée, que ça appelle au secours. Mais qu'est-ce qu'il peut faire... Appeler les infirmiers? Il sait rien, comment ça marche ces trucs et ces médicaments...

"Ça va?" (c'est nul comme question, évidemment que ça va pas) "Tu... Dis-moi si j'peux faire quoi que ce soit."

Puis là c'est le drame. Loup, il bouge plus. Il est immobile. Ce qu'il vient de dire... C'est exactement comme avec Maman. Dans son lit, quand elle criait de douleur, se recroquevillait sur elle-même et qu'il y avait personne d'autre que lui... Il savait pas quoi faire non plus. Il savait pas qui appeler. Qu'est-ce qu'il fallait faire quand un malade souffrait. Loup impuissant, Loup incapable d'agir pour guérir.
Un profond sentiment accusateur lui fait détourner le regard. Voir Popy, c'est voir Maman aussi. Et lui, il peut rien faire.

Loup serre à nouveau la main de Popy. Peut-être qu'il coupe un peu la circulation du sang, que ça fait encore plus de mal à Popy que de bien, mais pour Loup c'est la preuve qu'il est toujours ici, qu'il part pas. Qu'il vit. Il faut qu'il sente ce contact.

"Rien... C'était rien. T'inquiète pas. Peut-être que... qu'il faudrait que tu ailles te reposer."

C'est pas des paroles qui sont destinées à quelqu'un de vulnérable, à quelqu'un dont la vie vaudrait moins que celle d'un autre, non. Loup il voit pas les choses comme ça. Pour lui, c'est rien qu'une demande, une supplique faite à quelqu'un qu'il ne veut pas voir s'écrouler.
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 20:42

Y a le silence, Popy, trop lourd dans ta tête. Tu n’entends plus rien, juste les battements de ton cœur, boum boum. Qui résonne dans tes oreilles. Les yeux clos. Et pourtant, y a les étoiles qui dansent devant tes yeux. Tu sens même plus la main brûlante qui serre la tienne. Non…t’es un peu parti dans un autre monde, cet endroit où tu détestes aller. Tu ne saurais l’appeler. Là où il y a la douleur et le trop blanc. Pourtant, tu n’as pas si mal. Si mal. Mais, déjà, rien que ça, ça te bousille, te tortille. Parce que c’est comme des couteaux, là, dans tes os. Et que tu sais…Que ce n’est que le début. Plus tard, ce soir, cette nuit, surement, tu hurleras qu’on t’achève. Oui. Aujourd’hui est un jour avec. Ce soir sera un jour sans. Surement.

Ta main se crispe. La douleur reflue. Et, tu sens les doigts tout serrés contre les tiens. Le tenir. Chaud dans ta paume froide. Tu ouvres les yeux, doucement. Un peu paumé. Que tu te souviens même plus de ce que tu racontais. De ce quoi vous papotiez. Gémissement. Tu tournes un peu ton visage. Loup. Est terrorisé. T’as l’impression. Et tu t’en veux. De lui avoir montré ça. De lui avoir montré ta faiblesse. Mais, ne l’as-tu déjà pas montrée un peu ? Si surement, toi et ton poteau, toi et tes tuyaux. Puis, tu secoues la tête. Non non. Tu veux pas aller dans ta chambre.

Non non.
Tu serres sa main, fort. Parce que tu veux pas t’en aller. Tu veux pas le laisser. Cette si bonne compagnie. Ce garçon un peu bizarre avec son sourire un peu tortu de pas se montrer assez souvent. « Non…non…je… » Et pourtant, ce serait bien, que tu ailles t’allonger un peu. Rien qu’un instant. Peut-être…qu’il viendrait avec toi ? Et, tu sais pas pourquoi. Y a la larme silencieuse qui tombe sur ta joue. Te faisant presque sursauter. « J’veux pas y retourner. » Parce que c’est trop vide. Malgré les posters, les photos, les dessins. C’est trop vide. De ta famille, de tes amis. Tu te sens démuni, malade dans cette chambre. Alors qu’ici, dans le couloir, t’as un peu l’impression d’être plus vivant. Te mordre la lèvre. « J’veux pas que tu t’en ailles, j’suis tellement content de t’avoir trouvé ! » Et tu tournes la tête. Tu sais d’ailleurs, pas trop quelle tête tu as. Avec tes yeux trop brillants et ton teint trop pâle. Mais tu t’en fous. T’arrives même à lui sourire à nouveau. « Je vais bien…vraiment, c’est bien aujourd’hui. »

Parce que c’est vrai. C’est bien aujourd’hui. Tu as pu te lever, sortir. Sans masque, sans gant, sans rien. Parce quand ça va trop mal, tu sors pas. Les gens, ils rentrent recouverts de vert, blouse, masque, oué, tous ces trucs ridicules. Pour pas que tu te chopes un truc. Qui te tuerais. Il parait. C’est comme ça, quand tu vas mal, trop. Et puis, quand ils font la chimio. Parce qu’elle ça te déglingue tout le corps au point que tout lâche. Tout. Que plus rien ne marche. Mais, parait que c’est pour te sauver. Pourtant, c’est tellement dur. Dur. Tes doigts se serrent contre les siens.
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 21:58

C'est difficile de dire précisément mais en l'état, Loup dirait de Popy qu'il est en train de traverser un cosmos d'épreuves et d'agonies aussi diverses que variées. Ça doit être bariolé à l'intérieur, qu'il se dit, et en même temps un peu terne aussi. Il a une pensée un peu folle, Loup. La douleur de Popy, les galaxies qu'il visite et qu'il aime peut-être pas... il aimerait bien les dessiner. Que ça ferait des tâches de couleurs, de vie et de douleur, mais que ce serait quelque chose à faire. Ce serait comme extraire un peu du mal de Popy pour le coucher sur papier. Après Loup il pourrait tout froisser et tout déchirer, puis jeter à la poubelle qu'on reverrait plus jamais. Popy il ira peut-être mieux après? Il faudra que Loup lui demande.
Mais là, Popy il est pas disponible.
Il a mal,
il essaye de se remettre. Un peu, doucement... Il ressemble au soldat sur le champ de bataille, celui qui a déjà beaucoup combattu mais qui continue de se relever alors que les autres sont tombés. Celui qui tient son arme à la main, comme si ça allait l'aider plus que tuer.

Et Popy il veut pas retourner sur le champ de bataille. Au contraire, même. Il veut s'en aller, se sauver. Parce que c'est triste, parce qu'il connait déjà trop. Les odeurs qu'on sent, les visages qu'on croise. Popy il est en train de lui dire qu'il... qu'il est heureux de l'avoir trouvé? Que tout va bien, qu'il veut rester...
Ça y est. Y a des remparts autour du cœur de Loup qui s'effondrent. Et ça l'atteint. Définitivement. Les balles de Popy, Popy le guerrier. Ça perce son instrument de vie, là, dans la cage thoracique. Elle vibre, à nouveau,
parce qu'elle vient de se prendre un coup de folie.

"Je suis là."

Loup sent que sa main va bientôt tomber en miettes à force d'être serrée par la fureur de vivre. Mais c'est pas grave, il est d'accord avec ça. Son timbre de voix a repris un peu de quiétude, l'onde de vie en lui s'apaise, retrouve la sérénité. Loup, on l'a pas chamboulé comme ça depuis l'annonce, depuis qu'on lui a dit pour Maman.
Et il avait oublié ce que ça faisait, d'être secoué, de se sentir vivant. Comme ça.

"Je reste avec toi."

Y a Popy et ses yeux qui reflètent la lumière... C'est fatal, pour Loup. C'est comme si on lui demandait la vie, comme si c'était à lui qu'on demandait les soins et les remèdes miracles (alors qu'il les a pas, Loup...). Et puis le sourire qu'il a encore la force d'aller chercher il ne sait où du plus profond de ses entrailles, là où les os se font cristaux. Popy, il est fort. Popy, il est courageux. Plus que Loup lui-même en dehors de ces murs, à fracasser des têtes. Popy, c'est ce joyau qu'il touchera pas. Pour le briser. C'est la perle qu'on contemple sans oser la toucher.

"Si tu veux pas y aller alors... t'iras pas."

La vérité c'est qu'il décide pas de ça, Loup. Mais parce qu'il entend l'appel de Popy, il veut pas aller voir les médecins pour leur dire que c'est l'alerte, que le malade a besoin de se reposer. Alors oui c'est sans doute immoral de sa part. Oui il agit pas comme on devrait le faire... Mais Loup il voit le regard de Popy qui demande la vie, pas un aller simple pour le retour dans le lit.

Loup il va oser faire quelque chose d'un peu dangereux, de fou. Sans lâcher la prise de Popy, il va venir poser l'arête de son nez contre la sienne. Comme ça. Nez à nez, voilà. Sa main libre qui vient soutenir la nuque agitée de Popy. Loup il le sent trembler avec lui; il sent les vibrations qui échappent et qui cognent à l'intérieur. Y a le sang dans ses artères qui accélère, emprunte toutes les voies jusqu'au ventricule pour livrer l'oxygène et la vie.
Au fond de lui, tout au fond...
il aimerait que ce contact aide Popy à retrouver la paix, à s'échapper.
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Tito
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 22:27

Il te donne un peu de sa force, à te dire qu’il est là. À te faire comprendre qu’il te forcera pas y retourner. Entre tes quatre murs blancs. Et, ça te fait du bien. T’as l’impression que ça te donne un peu de force. Alors, tu serres, serres pour ne pas qu’il s’en aille, pour ne pas qu’il rompe cette promesse implicite. Même si tu penses, t’es presque sûr, qu’il ne le fera pas. Parce que t’es presque persuadé que Loup, il est pas comme ça. Pas quelqu’un qui dit des mots en l’air comme ça. Même si tu sais. Que c’est pas vraiment lui qui décide. Que si un docteur passe par-là et pense que tu dois aller te coucher, il t’y forcera. Ici, beaucoup de choses sont en quelque sorte forcées. Et c’est le pire.

« Mhmm. Merci. » Et tu sais même pas pourquoi. Parce que finalement, il ne fait rien de miraculeux. Il est juste là, à tes côtés. A te soutenir. Comme pour te dire que tout ira bien. Sans le dire. Et c’est tant mieux. Parce que tu veux pas l’entendre te dire que tout ira bien. Non. Tu sais, que ce n’est pas le cas. Et peut-être lui aussi, le sais. Avec cette personne endormit dans une chambre ici. Oui, surement le sait-il. Sourire doux sur ton visage. Tu vas le chercher fort et le loin. Pour aller mieux. Parce que tu te dis toujours que sourire, c’est la vie. Oué. Même si ça fait mal. Même si t’es fatigué. Sourire pour vivre. Encore. Encore un petit peu.

Mais par contre, tu t’attendais pas à ça. A ce visage proche du tien. A cette main dans ta nuque. Ça te fait ouvrir les yeux de surprises. Petit glapissement entre tes lèvres. Tu sens la main brulante dans ton cou et ça t’embrase, le corps, les joues. Comme ce nez qui frôle le tient. Quoi ? Quoi. Tu ne bouges plus. Incertain. Parce que tu comprends pas vraiment ce qu’il se passe. T’as jamais vraiment eu…de contact intime avant…que tout bascule. Alors, ça te donne chaud et fait battre ton cœur à toute allure. Mais, d’un autre côté, ça fait bon. Ça fait du bien. Cette douce étreinte. Alors, ta main de libre se lève et vient se serrer là, dans son dos, crispant le tissu de son haut dans ton poing. T’as presque envie de craquer. De fondre en larmes dans son étreinte. Mais, tu te retiens un peu. Tu veux juste essayer de profiter, d’attraper toutes les bonnes ondes, toute cette chaleur qu’il te donne. Alors, tu finis par fermer les yeux. Et te laisser faire, t’appuyer même un petit plus contre lui. « Merci. » Encore. Encore et encore. Parce qu’en quelques minutes, quelques heures, quelques secondes. Il t’a donné bien plus que ce que tes parents t’ont donné.

Et tu murmures, parce que ça te donne comme envie de te lancer, de te confier. Parce que tu l’as jamais vraiment dit tout ça. A personne. T’as pas eu le temps. Avant même d’y penser réellement t’étais là. T’avais quoi, seize ans et demi ? Quand tu es arrivé ici pour la première fois. Oué un truc comme ça. Alors, t’as jamais eu le temps de le dire. Jamais. Et maintenant…maintenant tu sais plus si c’est bien utile. « Tu sais… » Et tu lâches sa main pour aller serrer ton autre poing dans son dos, pour le tenir tout contre toi. Sans bouger, commençant doucement à moins trembler. « Tu sais…on m’a jamais fait de câlin comme ça. » Et tu peux pas rougir plus, car, son geste t’as déjà redonné cette couleur rosée, rouge à ton visage. Pourtant, t’as l’impression de brûler. Parce que tes parents, tu crois, qu’ils pensent que t’as déjà eu des petites amies. Surement parce que t’avais des copines dans ton entourage. Mais toi. Toi t’en as jamais voulu des filles. Et, tu l’as jamais dit. « Ça fait du bien, c’est tout chaud. Comme un chat. » Et peut-être que Loup. Il est un peu comme un gros chat. Finalement, un Loup, un chat, un chien. C’est un peu pareil, un animal qui donne de l’amour et qui est tout doux, tout chaud. Oué, un peu.
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 4 Juin - 23:27

Y a le poids de son collier en argent qui pend dans le vide, maintenant que le cou qui le porte s'est incliné. Pour quelques secondes, quelques minutes... un moment.
Il ne sait pas ce qu'il lui transmet. Si c'est de la force, du bien, l'intime conviction qu'il faut rester en vie. Mais Loup, dans son langage à lui, ce genre de marque, c'est quelque chose qu'on fait pour aller mieux avec quelqu'un. Parce que tout seul, c'est difficile. Pas impossible... mais difficile. Et qu'à deux, c'est plus accessible et moins illusoire. La zone de silence qui se fabrique autour d'eux les rend invisibles aux yeux des gens. C'est ce qu'il pense. Parce que personne ne s'arrête, personne ne regarde. Et puis parce que pour les autres, tous les deux ils doivent juste avoir l'air de deux gamins qui supportent l'autre pour une raison x ou y.
Dans le fond y a du vrai.
Mais les deux gamins, ils se connaissent pas. Pas encore.
Pourtant ils se ressemblent...

Les paupières, volets de la vision, se referment doucement sur ses soleils bleus. Peut-être que comme ça il donnera plus, que l'aura elle passera mieux. Dans le noir que Loup peut voir les yeux fermés, il s'imagine lui en train de transmettre les bonnes choses de son corps à celui de Popy. Que ça fait comme dans les mangas où un personnage sacrifie son énergie vitale pour un camarade qui est tombé au combat. Voilà, et... Il espère que ça marche. Que c'est pas toujours du faux ce qu'ils montrent à la télé, qu'on peut rendre les choses réelles avec de la volonté.
Les soupirs et les murmures discutent, font des allers-retours. Popy, il laisse entendre qu'il a jamais reçu de preuves comme celle-là. De nez à nez. Loup non plus. Peut-être... Il ne se rappelle plus. Ou bien... c'est son cerveau qui refuse de se souvenir. On lui a dit une fois qu'on oublie jamais vraiment; que c'est juste qu'on arrive pas à se rappeler pour de vrai. Alors l'amour, comme ça, avec les bras autour de la taille et les poings dans le dos... Non, Loup ne se rappelle pas. C'est peut-être le moment de fabriquer les souvenirs. Et ceux-là il les oubliera pas.

Les mots de Popy étirent le coin de ses lèvres,
(elles y arrivent) encore.

C'est le mutisme maintenant. Il sait pas quoi dire, Loup. Il est redevenu l'animal silencieux. Non, il sait pas comment on répond quand on fait des poses comme celle-là, où y a un échange plus spirituel que matériel... Il a jamais été doué que pour loger ses phalanges dans la chair des autres, alors c'est un peu confus dans sa tête. Parce que l'amour pur et sincère, c'est quelque chose qu'il découvre aussi, en même temps que Popy.
Au bout de quelques secondes, il finit par décoller la tranche de son nez de celle de sa jumelle. Il fait ça délicatement, avec suffisamment de lenteur pour ne pas briser la symbolique de l'acte, pour ne pas forcer l'étreinte.

Voilà. Ils sont séparés.

Y a du boucan dans son ventre, il le sent, que ça sait pas comment gérer tout cet afflux de changement, d'émotions, de Kinder qui se fait digérer dans tout cet amas de n'importe quoi. Il sait pas dire s'il se sent bien, mal, changé. Loup, il se rend simplement compte qu'il a totalement dévié de son chemin depuis son entrée entre ces quatre murs, ce matin. Il se persuadait... Personne ne doit le voir, lui parler, l'entendre, le toucher. Que son ombre, elle devait rester à ses pieds, pas sous ceux d'un autre. C'était ça les règles du jeu.
Mais voilà, il avait pas prévu le Joker. Il avait pas prévu Popy.

Alors Loup,

il comprend qu'il a perdu la partie.
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Mar 6 Juin - 18:47

Tu te sens un peu perdu, d’être dans cette étreinte toute chaude.
Tu te sens un peu perdu, mais, en même temps. Tellement bien. Ça te fait un peu oublier les malheurs, les tiens. Ceux des autres. Oui. C’est tellement bon. D’être là, et de sentir le cœur d’un autre battre la chamade, un peu mieux que le tien. Respirer, un peu mieux que toi. Ça te donne un peu l’envie de te battre, encore. De continuer à essayer. Malgré tout le mal. Malgré la douleur. La tristesse et les difficultés. Ces monts et montagnes qui se dressent devant toi. Parfois, tu ne sais pas comment les gravir. Mais, là, dans ses bras, t’as un peu l’impression qu’il te montre le chemin. Oui, un peu. Et ça te donne du baume au cœur, vraiment, beaucoup. Sourire sur tes lèvres un peu gercées.

Tu voudrais presque l’empêcher de s’éloigner, mais, il le fait si doucement. Mais, y a tes mains qui le retiennent quand même. Oué, y a juste vos visages qui se décollent. Et, ça te fait rougir. Parce que c’était vraiment intime, tu trouves. Doux et chaud. Et, tu te demandes bien, quel goût aurait ses baisers. Vraiment. Parce que, t’en as pas vraiment eu. Avant. Pas des vrai. Juste pour rire. Juste pour faire comme tout le monde. Mais, cette idée, elle vient et elle part. Parce que Loup. Loup, c’est Loup. Et, tu le connais pas encore. Non. Pas encore pour lui demander. Maintenant. Mais, tu sais une chose. Vraiment, vraiment. Tu veux qu’il vienne te voir et te garde. Tu veux qu’il te redonne encore et encore, cette étreinte de chat toute chaude. Sourire, sur très lèvres un peu gercées.

Tu détaches une main de son dos. Celle pleine de fils. Et, tu la tends un peu, doucement vers la peau de sa joue. Les doigts glissent, un peu froids contre le trop chaud. Tu souris, rougis. Tu as même presque envie de rire. Parce que t’as comme l’impression qu’il t’insuffle un peu de vie. Vraiment. S’en ait tellement étrange. Mais, c’est aussi tellement bon. « Est-ce que… » Et tu te permets. Pour la première fois depuis que tu l’as vu. Peut-être aussi parce que vous êtes tellement proches. De le regarder, vraiment. De le détailler. Moindre parcelle de peau. Et tes doigts glissent sur la peau colorée, un peu jaune, un peu bleue, un peu violette, sous ses yeux. Il est beau, Loup. « Est-ce que je pourrais te dessiner ? Tu sais…quand tu viendras dans ma chambre. » Oh oui, tu aimerais beaucoup le dessiner. Oh, tu es pas non plus très très doué. Y a bien mieux que toi. Mais, tu aimerais, pour avoir le souvenir. Pour l’afficher sur les murs et te dire, quand ça va mal. Il va venir. Il va venir. Comme tu le fais pour la photo de tes parents. Qui pourtant…ne viennent pas.
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Mer 7 Juin - 21:06

Loup ça l'étonnerait même pas qu'on pense qu'il est un patient, avec ses bleus près des yeux et puis les plaies qui courent le long de la peau. Et son air de grand méchant Loup qui arrange rien. Il se doute pas qu'on a pu penser de lui qu'il était un garçon à retaper lui aussi, comme des tas d'autres ici. Comme Popy. Mais Loup, c'est bien moins important que lui... Bien moins flagrant. Loup il dirait qu'il a pas besoin qu'on s'occupe de lui, il dirait qu'il va guérir. Que c'est qu'une question de temps.
Mais Popy c'est l'inverse. Le temps, c'est ça qui lui ronge le corps. Ça qui lui prend la vie. Et ces fils qui pendent comme les cordes d'un arc brisé, c'est que des retardateurs. Des cales dans la porte qui finiront bien par s'épuiser un jour.
Loup il regrette de s'être retiré, d'avoir reculé. Même s'il regarde toujours Popy dans les yeux, même s'il croise son regard bleu. Autant se noyer dedans, dans cet océan. Loup il veut bien. Loup il cherchera pas à nager, à remonter à la surface... Parce que devant les abysses profondes qui le regardent, Loup il dit oui.
Oui, je veux m'échouer dedans et plus jamais remonter.

Et puis y a la main tendre qui vient caresser le bout de sa peau, le début de sa joue. Des frissons qui se passent tout autour de la zone, se réveillent même en dessous. Il sait pas quoi en faire, Loup, sinon vouloir l’attraper, la serrer. Ce qu'il fait. Mais il mordra pas Loup, parce que Popy, c’est comme s’il l’avait déjà un peu apprivoisé.
Y a le contraste froid et chaud qui lui fait l'effet éclair à l'intérieur, qui dit au cœur Wow, tu comprends pas ce qui se passe! Mais non... Le cœur, il comprend parfaitement. C'est le cerveau qui comprend rien du tout, mais lui on s'en fiche. On a pas besoin de lui. On peut le mettre de côté, il fait que gêner. Y a pas besoin de penser trop fort dans un moment comme celui-là... Il faut juste ressentir. Et Loup ressent. Pour Popy il ne sait pas quoi, mais il ressent.
Une demande chatouille ses oreilles, vibre jusqu'aux tympans. Dessiner. Dessiner. Dessiner. C’est ce qu’il veut Popy… c’est ce qu’il lui demande, du bout de son souffle qui murmure, du bout de ses lèvres qui embrasseraient presque celles de Loup. C’est la demande simple, belle d’un portrait qu’il pourra accrocher pour se rappeler. Se dire «Oui il va venir» «Oui c’est ça la couleur de ses yeux». Pouvoir sourire…
Loup il l’imagine faire. Il l’imagine assit devant lui, en tailleur, le bloc à dessin en main et le crayon dans l’autre. Seulement le bruit de la mine qui fait son parcours sur le papier, fait se ressembler les traits à ceux de Loup. Et Loup qui s’empêche de regarder, de trop gesticuler… Puis finalement rigoler et faire rater le dessin.
Loup il l’imagine faire.
Et c’est beau, c’est… hors du temps. Comme maintenant.

"Tu pourras. Je serai là, et tu me montreras?
Comment t’auras fait mes ecchymoses."


Il pense que ce serait pas joli à dessiner, les hématomes. Les coupures. La couleur bleue sur son visage un peu rouge lui aussi. Rouge parce que Popy. Parce qu’il est là devant lui, et qu’il recule pas. Y a toujours sa dextre sur sa peau, qui réchauffe ou refroidit il ne sait pas trop. Il sait juste que c'est une décade en secondes qui se défragmente sous ses yeux. À un moment, Loup il ose plus regarder droit dans les yeux. Mais c’est pas parce qu’il fuit: c’est parce que ça l’intimide. Parce que c’est les terres inconnues vers lesquelles Popy l’emmène. Parce que c’est trop beau, trop grand, trop tout! Alors il a le rire nerveux, Loup. Son sourire se tord un peu, ça montre qu’il est maladroit avec tout ça. Qu’il connaît pas. Qu’à lui non plus on… on lui a jamais montré les émotions comme ça. Parce qu’au bout d’aussi peu de temps passé avec quelqu’un, Loup il a jamais senti qu’il était autant sur le point de céder, de capituler. Laisser tomber les barricades, ouvrir grand et accepter de se jeter. Se jeter dans le bleu océan qui se maintient devant lui. Il faut qu’il regarde, Loup.
Ses yeux sont ouverts.

"J’aurais aimé te rencontrer plus tôt."
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Tito
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Sam 10 Juin - 22:54

Y a comme ton cœur qui bat plus fort. Parce que t’es content, oui. Ce qui est bizarre. Parce qu’ici…tu l’es si rarement. Content. Tu sais. Parce que y a tous les murs blancs. Toutes les douleurs. Toute cette…mort qui se dessine. Mais, tu es content, parce que Loup. Loup il veut bien que tu le dessines. Alors, tu l’imagines, là, dans ta chambre. A lui donner un peu de couleur, à te donner un peu de couleur. Oui. Ce sera bien. Tellement. Ça te donnera envie de sourire, un peu, beaucoup. D’essayer, aussi. Peut-être. T’en sais trop rien. Parce que tout et si compliqué. Tellement.

Et, tu le comprends réellement quand il te dit ça. Quand il te dit qu’il aurait aimé te rencontrer avant. Avant. Tu fermes les yeux. Ta main s’éloigne. Sourire si triste. Résigné sur tes lèvres. Oui, ça aurait été tellement bien. Tu es tellement sûr. Tellement, que vous auriez été très amis. Vraiment. Toi, lui, et vos skates. Toi, lui, et vos mots. Toi, lui et vos ecchymoses. Peut-être les auraient-ils eu sur les genoux et non pas sur les doigts, sur les yeux. Parce que tu te doutes bien, du comment. Du pourquoi. Mais, peut-être que finalement, il est un peu comme toi. Il a mal. Mal de cette personne qui dors quelque part ici. Tellement mal d’avoir besoin de l’extériorisé. Oui, peut-être que c’est pour ça, que c’est comme ça. « Oui. Oui, j’aurais aimé aussi…vraiment. » Et rouvrir les yeux, et lui sourire. Doucement.

« Mais. On va quand même devenir amis, non ? » Parce que tu sais pas trop quels mots mettre sur tout ça. Parce que vous vous connaissez pas. Malgré les sourires. Malgré le cœur qui bat fort et les bras qui s’enlacent. Pour toi, Popy, c’est ton ami. Peut-être parce que t’as rien eu d’autre avant. Pas vraiment. Sourire, les yeux qui pétillent. « Pour qu’on se partagent les kinders ! » Oui, ici, ou dans la chambre. Ici ou sur ton lit. Des kinders à se partager, des dessins à se donner. Et des mots pour se sentir mieux. Tu veux vraiment. Parce que ça te donnera un peu de lumière dans ta noirceur. Tu sais, celle qui t’aspires, t’enlises. « Je suis fatigué. » Et ton sourire se fane un peu. Mais, tu restes là, tout contre lui. Parce que tu sais plus. Pas. Si tu es fatigué maintenant. Ou si tu es fatigué de tout. Ça. De la douleur. De te battre encore et encore. La bile au bord des lèvres. La mort au bord du cœur. Tu sais plus.
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 11 Juin - 16:09

Il peut pas s'empêcher de penser que derrières ces paroles qui renvoient à des souvenirs heureux, il y a un gouffre de tristesse immense. Qu'il y a quelque chose qui reviendra en toile de fond, peu importe ce qui arrive. Quelque chose qui leur rappellera fatalement qu'il y aura une fin et que rien n'est gratuit. Jamais vraiment.

Loup sait pas comment il fait. Comment Popy fait pour avoir encore la force dans ses poumons pour murmurer cet espoir et ces promesses qui prennent vie dans ses yeux. Il se dit qu'à sa place, peut-être qu'il aurait déjà abandonné. Que peut-être, il se serait laissé tomber. Comme on doit voir l'entourage nous oublier à force de rester alité, des heures, des jours, des mois. Toute une vie, parfois. Loup aussi on l'oublie, mais c'est jamais parce qu'il peut plus bouger ni sortir d'un bâtiment. Lui, c'est parce qu'il fait un peu du mal aux autres, parce qu'il a pas toujours les bons mots. À sa manière, il blesse. Mais c'est là-dedans, c'est pas quelque chose qu'on détecte aux radios. Des fois c'est des cicatrices qui s'en vont jamais et ça fait de Loup quelqu'un de mauvais. Quelqu'un qui n'a rien à voir avec celui que Popy a réussi à amener. Loup d'habitude, il dit non. Il répond pas, même. Il regarde mal, il fronce les sourcils, retrousse ses babines. On l'approche pas et il se laisse pas approcher.
Mais là il a pas su rester animal. Il a pas su rester sauvage et dangereux, à emprisonner entre ses crocs la moindre main un peu insouciante. Aujourd'hui il a laissé l'une d'entre elles s'avancer jusqu'à lui, le toucher même ! Et ça... c'est la raison pour laquelle il se contrôle pas. La raison pour laquelle il s'est laissé entourer par des bras inconnus. Il a baissé sa garde, simplement.

Le poids de son corps contre lui. Il entend Popy qui part, qui rejoint les limbes ou ses galaxies de douleurs. Comment sont les couleurs? Il faudra vraiment qu'il lui demande. (La prochaine fois que Loup reviendra, il aura des crayons avec lui, du papier, des photos, Kirjava et des Kinders) En attendant il sent que l'esprit quitte un peu le corps malade, s'empresse de se soulager dans l'oubli. Loup il appelle personne, toujours. Il fait l'immoral, le sourd et l'aveugle. Il perd ses cinq sens mais y a sont cœur qui reste ouvert. Il dit plus rien, il laisse les cerveaux enregistrer le flot d'informations qui vient de se passer. Loup il écoute les souffles réguliers, les poitrines qui se relèvent à tour de rôle. C'est mieux comme ça. Ce silence bénéfique. Parce que Loup, il est là. Il lui a dit.
Pendant quelques secondes il se demande comment ça va se finir. Popy qui s'endort et c'est fini. Très bien. Mais Loup le laissera pas là, sur les sièges près du distributeur. Loup il va plutôt agir en secret. Quand Popy dormira pour de vrai, il demandera simplement à ce qu'on l'apporte jusqu'à sa chambre, des barres chocolatées au bout de son lit.
Loup il reviendra pour aider Popy à redécorer sa chambre. Pour rigoler avec lui, dessiner, regarder plein de films à la télé, jouer aux jeux-vidéos.

Il reviendra.
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Tito
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MessageSujet: Re: aventures (loup)   Dim 11 Juin - 16:32

Y a comme ton corps qui vacille. Fatigue. Oui, il vacille et tombe, là, doucement contre celui de Loup. Le gros chat apprivoisé que tu viens de trouver. Sourire sur tes lèvres. Tes yeux entre ouvert fixes le trop blanc du couloir alors que tu sens son cœur battre contre le tien. Il est tout chaud. Et, ça te berce un peu plus. Toi et ton corps qui dit stop pour aujourd’hui. Peut-être…peut-être pourras-tu dormir quelques heures sans douleur. Oui, tu l’espères. Parce que tu sais. Que c’est la nuit, qu’elle explose, là, durant ton sommeil, elle vient et s’insinue, t’empêchant de fermer les yeux naturellement. Oui, si souvent.

Tes mains se glissent dans son dos. Se serrent contre lui. Tu te sens étonnement protégé. Tu te sens étonnement bien. Malgré le corps qui lâche doucement. Pour t’emporter dans la douce torpeur des bras de Morphée. Sourire doux. Doucement, ton visage se détend. « J’suisicontent » Murmure contre son épaule, Popy, tes yeux se ferment. Tu es si fatigué, tellement. Alors, tu t’endors tout simplement, là. Tout contre lui et sa chaleur irradiante. Là, au milieu du couloir silencieux. C’est bien la première fois que ça t’arrive. Mais, c’est spécial aujourd’hui. Tellement. Alors, s’endormir et rêver.

De la prochaine fois que vous en partagerez. Des kinders.
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