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 Nous avons combattu la loi

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MessageSujet: Nous avons combattu la loi   Ven 14 Juil - 21:37

Le loup dort. Réduit au silence jusqu'à ce que les liens des crocs se rompent, jusqu'à ce que la goutte de trop renverse le vase. Le loup dort, guettant l'instant où le chasseur posera le pas sur la frontière, fenêtre ouverte sur sa terre.

C'est le calme illuminé par les néons au plafond, ceux qui vibrent et crient Attention. C'est le calme plat, dérangé par deux paires de semelles qui butent sur le sol, font leur couinement de plastique en prenant leur envol. Le loup on sait pas depuis combien de temps il est arrivé. On sait même pas s'il est en train de quitter. Mais il est là l'animal, là, et tourne autour de l'entrée, comme s'il attendait la réponse "Vous pouvez y aller".

Le loup remue ses oreilles. Dans sa poche, le cellulaire tremble, s'éclaire. Il y a la volonté d'un appel qui le pousse à ouvrir le clapet, comprendre vaguement le nom qui s'affiche. Le nom de celui qui est à l'origine de son existence. Mais Loup connait déjà la réponse.

"Je ne pourrai pas venir"

Il refuse l'appel et fait disparaître l'appareil électronique décevant au fond de son pantacourt. // Terminé.

Son pied shoote dans une canette vide (à peu près) qui roule quelques mètres plus loin, provoque son vacarme de métal dépouillé, finit sa course en un schéma circulaire, courbe qui s'interrompe au pied d'un autre animal.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Ven 14 Juil - 23:17

Ses pieds trainent sur le sol tandis que ses mains cherchent activement quelque chose dans les poches de son pantalon. Sa dernière cigarette, celle qu’il a sortie du paquet pour prouver à sa sœur qu’il n’en avait plus.
- J’ai arrêté.
- Vraiment ?
- Vraiment.
Mensonge. Mais il ne peut pas dire à sa sœur que la seule chose qui le calme face au stress auquel il fait face est ce cylindre blanc qui, une fois allumé, lui offre un sentiment sans pareil.
Il a beau retourner ses poches dans tous les sens, la dernière cigarette a disparue. Alors il marche et marche, fait le tour du parking, se laisse aller à ses pensées, s’accroche à des souvenirs heureux, mais l’absence de nicotine se ressent. Si ses ongles n’étaient pas aussi courts, il passerait certainement son temps à les grignoter. Alors il se rabat sur la chair de ses doigts, puis un bruit l’ôte de ses pensées, celui d’une canette qui termine sa course à ses pieds. Il la regarde un instant puis ses yeux sont attirés par une présence, celui qui a frappé dans la canette se trouve là, à quelques pas de lui. Les néons éclairent cet inconnu au visage habillé d’ecchymoses.
La panthère rencontre le loup.
(La question est : et si ?
Et si la panthère n’était pas passée par là ?
Et si la panthère ne s’était pas approchée du loup ?
Et si …)
C’est une question de territoire.
Les deux animaux s’observent pendant un long instant, aucun des deux ne cille du regard. C’est comme un combat, mais mental ; lequel des deux ferra le premier pas ? Celui qui veut quelque chose ou celui qui attend quelque chose ?
La tension est palpable et le jeu de regard ne prend fin qu’au moment où la main distraite de Neo rejoint la poche de sa veste. Elle est là, la cigarette.
Il la coince entre ses deux doigts et s’approche doucement de l’inconnu. Son regard est méfiant, sur ses gardes ; et si l’inconnu se révélait agressif ?
Puis il demande :

- T’as pas du feu ?

Et son briquet est bien dans sa poche, il n’a pas cessé de le rencontrer quand il cherchait la cigarette, mais ses vraies intentions sont dissimulées derrière une requête anodine.
La panthère rencontre le loup, l’observe et tâte le terrain. Les griffes acérées au bout des pattes, prête à donner le premier coup.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Ven 14 Juil - 23:46

Loup ignorait les visages qu'il croisait, jusqu'à ce que son regard rencontre celui d'un autre carnivore. Crâne à demi rasé, à demi soigné. Mèches de cheveux qui séparent son front en une multitude de cicatrices, le regard ivoire -- pour l'instant.

Un pas sur le côté.

La même dégaine que lui, il croit contempler. Des genoux écorchés, peut-être. Le regard affamé, sûrement. Loup reconnait ce qu'il comprend être le silence qui précède les éclairs de conscience, choc brutal de deux carnassiers affolés et confus dans un tourbillon de poils, océan de sulfure organique. Lui-même contre un autre.

L'autre animal lui demande la fleur rouge. Il y a ce bâtonnet blanc qu'il distingue entre deux doigts impatients, nerveux, comme si ça faisait longtemps. Et Loup comprend. Dans le tréfonds de ses poches, on trouve d'autres choses que des cellulaires décevants et des fausses paroles. On trouve les notes sur le papier, les chewing-gum égarés, les promesses oubliées. Le feu liquide désiré.
Loup s'approche, plonge dans les yeux jumeaux qui le jaugent. Oh ! Il aurait le même regard s'il avait posé la question à un autre. Le regard bestial qui s'apprête à bondir au moindre refus.

"Ils en ont peur, tu sais ? Les animaux."

Le loup se fait poli et bien habillé ; revêt le visage de sûreté et travaille ses poches pour en tirer le pavé transparent. Oh non, Loup, il ignore bien que le félin en face est un tricheur qui se couvre d'une peau d'agneau.

"Tu dois toujours l'avoir sur toi. La fleur rouge."

"Pour te protéger"
Et son pousse actionne la roulette, fait naître une étincelle qui devient flammèche, prête à consumer le cylindre et l'intérieur d'un corps. Un autre.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Sam 15 Juil - 15:01

Et le loup sort l’objet désiré de sa poche, donne vie à la flamme qui consumera le cylindre blanc coincé entre les doigts de la panthère.
Neo considère l’animal du regard, les ressemblances physiques sont frappantes, la peau lacérée, parfois marquée, par des coups échangés sous une lune limpide. Il voit là où les coups se sont fait plus forts, plus bestiaux. Et les endroits où le sang a coulé, tel un liquide céleste.
Il porte la cigarette à ses lèvres et inhale lentement la fumée nocive avant de l’expirer sur le visage abîmé du canidé adverse. Il cherche à allumer la flamme dans ses yeux, celle qui ne cesse d’apparaitre brièvement quand leurs regards se croisent.
Maintenant qu’il a la réponse à cette envie préoccupante, il se sent près à affronter le soleil, la lune et la terre s’il le faut.
(Ainsi que le loup)

Il y a quelque chose chez cet animal qui le pousse à le provoquer, peut-être cette envie de frapper qui se fait ressentir dans tout le corps de Neo comme  une évidence. Celle qu’ils sont voués à échanger des coups, marquer le peu de peau intact qu’il leur reste. Se griffer, se mordre, jusqu’à ce qu’un seul d’entre eux en ressorte vivant.
Alors la panthère continue de consumer la cigarette, comme si la fin de cette dernière marquait le début de leur combat.
Puis elle observe le peu de chair dénudée de son adversaire, tandis que l’envie de la découvrir se fait, la découvrir comme on ôterait élégamment un habit avant de ne faire qu’un avec quelqu’un. Car à part cette envie de nuire à la peau saine du loup, il y a une autre envie plus sombre derrière, plus charnelle et passionnée. Car le loup est beau et la panthère se laisserait bien mordre par ses crocs ivoires, juste pour sentir leurs peaux entrer en collision.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Sam 15 Juil - 15:23

Loup se fait calme, écoute les pas singuliers de celui qu'il affronte en silence.
Il le sent. Tous les deux savent, mais se taisent. Il y a eu l'ébauche d'une entente, les premiers mouvements qui introduisent une danse, valse des vivants.

Le nuage toxique atteint ses naseaux, noie ses poumons d'une chape de plomb. Un froncement des sourcils et du nez lui échappe : Pourquoi l'odeur est-elle si âcre et terrible lorsqu'elle vient de quelqu'un d'autre ? Pourquoi sent-il l'air se frictionner de rivalité, essuyer la saleté du charbon sur leur pelage abimé ? Loup reste immobile, observe son adversaire dont la mouvance lente et aguicheuse préoccupe son regard hypnotisé qui suit la trajectoire circulaire animale. Comme si le félin tournait autour de lui, frottant queue et visage sur ses tibias écorchés, demandant à le faire s'abaisser pour obtenir les caresses bien aimées.

Un pas en avant. Il n'y a qu'eux, ils sont seuls. Seuls occupant de l'arène du silence à se tourner autour, à décrire un cercle invisible sur le sol comme des lions affamés. Et encore un. La patte du loup entre en contact avec celle de la panthère, toute bouche mutine. Avec une lenteur éprouvante pour n'importe quel spectateur pressé, Loup écarte les doigts ennemis et s'empare de la gourmandise cancérigène. Le cylindre brûlant entre ses lèvres à lui, il se fend d'un demi-sourire. Pour lui aussi, ça faisait longtemps.
Un soupir expulse une volute ivoire, englobe les cœurs sauvages à l'unisson.
Sur son visage, une expression se dessine, s'illustre dans un regard bleu de glace qui cherche l'attention opposante.
"Viens jouer avec moi."
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Sam 15 Juil - 16:15

La cigarette est dérobée, retirée de ses doigts. Geste suivit d’un sourire qui se veut presque moqueur. Provocation malicieuse du canidé. La panthère l’obverse expulser la fumée ; ça aurait dû être sa bouffée et non celle de l’animal. Mais c’est ce qu’il attendait, le premier pas, ce pas qui lui permettrait d’exprimer sa colère sans prendre l’air d’une bête enragée mais plus celui d’un animal qui cherche à protéger son territoire.
Alors Neo agit, laisse son instinct le contrôler. Il empoigne l’animal par le col et le plaque contre le mur. Pendant un instant il se demande comment cette action doit se terminer, par un baiser ou une menace ?

- Tu ne devrais pas jouer à ça avec moi, gueule d’ange.

Gueule d’ange car ses yeux dragée adoucissent son visage abîmé. Lui donne un air docile, presque vulnérable. Piège ingénieux du destin ? Même le plus intelligent des chaperons rouge se laisserait prendre. Tendrait la main vers l’animal pour le caresser, au risque de se retrouver le bras ensanglanté.
Ses doigts agrippent toujours les vêtements du loup tandis que son regard ne quitte pas le sien, il montre les crocs, prêt à mordre la peau dénudée du canidé.
Pendant un instant il lui laisse le droit de choisir la suite, de lui dire ce qu’il a dans le cœur, d’expulser sa haine. Neo il veut que le loup réagisse, qu’il se montre agressif, car Neo ne compte pas quitter cet endroit avant d’avoir fait couler le sang, avant d’avoir laissé son poing marquer le visage de l’inconnu.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Sam 15 Juil - 16:42

On raconte que pendant une première rencontre, il faut se montrer courtois. Il faut tendre la main, accepter le sourire et dire Merci. Être bien éduqué, se faire propret et être capable de rendre service.

Il se souvient de ça, Loup. Ces mots qui disent Respecte ton prochain. De cet enseignement découle son attitude relativement souple, obéissante et qui, habituellement, ne cherche pas la confrontation. Les adultes ont tenté de lui inculquer des valeurs humaines qui ont repoussé la personnalité animale sous terre, dans l'ombre des chaînes. Et avec tout cela, on pensait être en mesure de maîtriser la bête. On se persuadait qu'elle pouvait disparaître, redevenir les ténèbres qui suivent les corps mouvants lorsque le soleil couchant étale les ombres aux pieds des rampants.

Ça ne s'est pas passé comme ça.

"Donnant-donnant, non ? Il parait que c'est comme ça qu'on fait, quand on est humain."

Quand ça peut l'arranger, Loup se fait Berger. Quand ça peut l'aider à justifier une bêtise, une déboire, une honte. Il dit "C'est humain". Mais Loup n'a rien d'humain. Loup est ce que son nom raconte de lui. Un animal qui se tient debout, enfile la chemise du bon citoyen et marche sur ses deux pieds.
Au fond de lui, il reste le quadrupède qui hérisse le dos pour se grandir, qui retrousse ses babines pour donner de la valeur à son ombre de molosse carnivore.

La cigarette est encore là, coincée entre deux dents. Elle remplit Loup d'un poison agréable, enivrant. Et ça le détend, ça lui dit Laisse-toi aller. Même si le regard qui l'agrippe, qui le toise et l'appelle a quelque chose de diablement attirant, de follement excitant.
C'est à cet instant qu'il se dit
"Je pourrais me laisser faire"

Son sourire carnassier grandit, alors que les particules blanches du bâtonnent incandescent déposent de la neige brûlante sur les parures protectrices.

"Frappe-moi."
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Sam 22 Juil - 0:08

- Et tu peux pas demander, d'abord ?

Neo se fiche complètement de l'aspect décent de l'échange, bien qu'il laisse paraître le contraire, ce qu'il voulait c'était une raison de frapper, de marquer ce visage esquinté, d'y laisser sa trace à son tour. Et il l’obtenue. Là, coincée entre les crocs du loup, le cylindre dérobé.

Puis deux mots s'écoulent des lèvres de l'animal, deux mots qui libèrent un frisson dans tout le corps du fauve.

- Frappe-moi.

Et l’ambiguïté qui se cache derrière ces paroles trouble l'animal. Là, sous les lumières des néons sa peau lui apparaît tellement belle avec les galaxies qui l'habillent. Tellement de couleurs qui affublent son visage pâle. Et pendant un instant il doute,
le frapper
ou l'embrasser ?

Puis Neo se souvient. Il se souvient de la première fois où ce visage abîmé l'a intrigué. Il se souvient de ce moment où il a vu la brebis se livrer au loup, comme pressée d'en finir avec la vie. Il se souvient des gémissements, de la rencontre de la chair, des mouvements répétitifs mais doux, comme si le loup avait peur de blesser la brebis. Il se souvient de cet échange improbable. Il se souvient.

Pendant un instant il considère l'animal du regard, comme le prédateur qui observe sa proie.
Et son regard se promène sur son visage
ses yeux, ses lèvres, ses yeux, ses lèvres
(schéma incessant et arrête brutal)

Ses mains libère l'animal, lui rendent sa liberté.
Et la panthère inspire profondément...
et lui envoie son poing dans la mâchoire.

Le coup est puissant, brutal, vif et il le ressent dans ses phalanges, car elles lui crient qu'il a frappé trop fort, que la mâchoire solide de l'animal lui a renvoyé son mal. Alors il agite la main, comme si la douleur allait s'en détacher.

(Pourquoi j'ai frappé si fort ?)
Peut-être parce que le loup est beau, peut-être parce que le loup te fait craquer et que pendant un instant, tu étais le chaperon rouge.

Et il observe le résultat, cette marque rouge qui plus tard deviendra une galaxie à son tour, qui ornera son visage jusqu'à disparaître progressivement.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Lun 24 Juil - 1:09

Si le loup avait demandé, est-ce que la panthère aurait accepté ?
Voilà une question qui divise...
"Non, bien sûr que non."
Ce serait sa réponse.

Ce type, là, en face de lui, qui retient sa gorge contre le béton... Il n'a pas le visage à dire Oui. Le visage à accepter de donner ses biens avec facilité. Loup le sait. Loup l'entend. Et il le ressent au plus profond de lui, quand les deux orbes bleus adverses plongent dans son monde intérieur. Là... Terrible, l'enfant animal.

Il laisse le silence lui apporter une autre réponse. Les poings félins ont l'air de vouloir plus que de découdre le col qu'ils retiennent avec une immobilité effrayante. Loup pris au piège, Loup les pattes coincées entre l'étau. Si ça ne tenait qu'à lui, à cet instant, il se serait laissé échouer. Il aurait marqué la scène une dernière fois avec une ultime soufflée du cadeau dérobé. "Vas-y, laisse-toi aller. Laisse-toi frapper."
Rédemption // réclusion ou l'abandon,...
Et puis il aurait disparu dans un nuage de poussière, fébrile, las et paresseux, qui s'écrase sur le bitume, épouse la terre.

Peut-être que ce garçon à la crinière furieuse charbonneuse est capable de lui apporter ce baisser de rideau qu'il attend. Celui avec un peu de dignité, de colère soignée. Qu'il aurait au moins quelque chose de beau à porter, même après la mort. Même après la vie.
Cette pensée le motive à garder le sourire,
"Frappe-moi"

Et Oui ! la lumière. Elle arrive, dans un flash intense, dans des phalanges-souffrance. Loup déchante sous le poids du poing comète. La cigarette s'envole, disparait dans le décor et court rejoindre la canette comme pour escalader les gradins après un coup de tonnerre. Elle va s'éteindre, elle aussi. Oh... C'est vraiment fou... les couleurs qui naissent quand tu te prends un sale coup dans la gueule.
L'exclamation se lit partout sur le corps canin, vibre à l'intérieur et tremble de douleur. Physiquement, Loup gagne un bleu-violet. Un autre qui vient rejoindre la palette lilas et carmin de sa figure déconfite. L'égratignure rouge ressemble à celle que le félin a rapporté en même temps que lui. Comme c'est drôle... La douleur en symbiose. Un miroir aurait fait la même chose.

Loup passe ses doigts sur son visage, trace la courbe de sa mâchoire et remonte sur la joue irritée. Il regarde : le sang, un peu. C'est léger, mais c'est assez. "Assez ?" Non ? "Attends voir."
Il se redresse avec lenteur, avec ferveur (à l'intérieur ; ce n'est pas visible depuis le regard panthère) (mais peut-être qu'elle le sent, la bête noire)... Loup semble montrer un attachement profond pour ce qui vient d'arriver.
Et qu'en pense le fauve ? En a-t-il eu assez ? Les couleurs galaxies.
Le chien boiteux admire le chat orgueilleux, avec grande attention. C'est comme s'il fallait jauger avec précision la forme féline qui se découpe difficilement de la lumière ensoleillée qui baigne dans son dos.
Loup sent beaucoup de choses. Et il comprend qu'il se trouve sous le joug d'un autre, alors que le chasseur naturel devrait être lui.

"... Frappe-moi."

Loup...? Qu'est-ce que tu fais ?

"Allez, frappe-moi. Je n'ai rien senti."

Loup, ne t'approche pas de lui. Pas de ce soleil noir. Il va te brûler.

"Que dalle."

Loup, arrête !

"Tu ne ferais pas ciller les mourants de cet hôpital."
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Lun 24 Juil - 20:07

Neo il a l'impression que son corps ne lui appartient pas, qu'il dépend de ces gens avec des billets plein les poches, ces gens qui recherchent l'affection d'un soir. Que les griffes et morsures charnelles qui y résident ne sont qu'une preuve de plus que cet amas de cher n'est pas le sien. On se le passe, on se l'échange, mais au final on ne lui donne pas l'impression d'exister.

Mais pourtant en cet instant, il se sent vivant,
là, dans le regard violent du loup il est quelqu'un,
pour la première fois il se sent libre.

- T'es une espèce de maso-truc, c'est ça ?

Neo aime faire l'animal qui ne sait pas, qui ne comprend pas, même quand il partage les sentiments de son interlocuteur.

- Tu fais le malin mais quand j'vais t'exploser la face tu vas moins rigoler.

Ouais, vas y Neo, montre lui de quoi t'es capable ! Mais arrête de bavarder et tape, tape ! Fais couler le sang, on veut voir des éclaboussures sur les murs. Fais en sorte que son visage gonfle tellement qu'on ne sache même plus l'identifier. Éclate lui les os, casse les, ronge les, n'y laisse pas un seul bout de chair.

Le fauve est docile, le fauve écoute la voix qui en redemande, s'approche et renvoie son poing dans la figure de l'animal.

- C'est bon ou il t'en faut plus ?

Une jambe qui effleure le sol et entre en contact avec les pattes du canidé afin de le faire tomber, de lui donner un aperçu du sol.
Admire le tant que tu le peux, car c'est là que tu vas mourir gamin.

Puis la panthère admire le spectacle, le sang qui quitte la bouche de l'animal pour peindre le sol de sa couleur funèbre.
Puis il lui envoie son pied dans l'estomac, là où ça fait bien mal, là où il est sûr de satisfaire les fantasmes malsain du loup.

Puis il se fait sage, attends de voir si l'animal en redemande encore, attends de l'entendre supplier d'arrêter, oh ouais, il donnerait n'importe quoi pour qu'on le supplie d'arrêter.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Mar 25 Juil - 0:08

Les animaux aussi entendent les voix spectatrices, inquisitrices. Celles qui sont parfois à l'origine du Bien comme du Mal. Loup se trouve quelque part entre les deux, titubant, ses paumes sur les parois qui menacent de se refermer sur lui comme la dernière crevasse du monde.

(Et toi, fauve ? Où te trouves-tu ? Est-ce que tu es... avec moi ?)

"Arrête... de parler."

Il se veut provocateur, demandeur de leçons. Le loup promène sa truffe au-dessus du piège à dents, crocs d'acier qui emprisonneront la chair et le sang.

Son regard bleu de glace échoue dans celui jumeau. S'il ne lui avait pas déjà demandé de le frapper, Loup aurait aimé le regarder. Plus longtemps. Avec un visage plus propre, peut-être. Plus présentable. Avoir l'air d'un chien un peu éduqué, bien élancé.
Ou bien il s'en fiche, le chat noir.
Un autre poing-comète brise le silence ; une patte féline bien mal avisée se charge de le renverser flanc contre terre. La chute se fait avec lourdeur, le poids d'un corps qui perd en équilibre, en hauteur.
Loup n'a pas l'impression d'avoir mal. Parce qu'il ne peut pas souffrir en étant vide.

Il peut sentir l'ombre Noire surplomber son enveloppe, nue si elle pouvait l'être. Molosse à la merci du chafouin, s'entend bien à dire qu'il n'a rien du canin.

"Rah... merde"
Comment tu te sens ?
"Bien"
Tu vas te relever ?
"..."
À quoi tu penses ?
"Il est beau
ce con."


Soudain, Loup sent que son estomac se contracte avec grande violence. Comme pour faire de la place à un corps inconnu, étranger. Comme si un couteau sans pointe s'était enfoncé. (... ah !) Une remontée rouge métal éclaircit sa voix, peint peut-être quelques gouttes de pluie acide sur les parures félines. Là, sur ses pattes furieuses, dangereuses.

Pendant une kyrielle de secondes, le Rien. Le loup muet qui n'a jamais été capable de parler. Le loup oublié qui n'a jamais su comment respirer.

Son corps fatigué, ankylosé se referme sur lui-même, en boule, comme les animaux en danger, comme pour protéger les entrailles abimées.

(l'apparition du sourire de la victoire) (sur son visage bleu-violet...) (le spectre du perdant) ... et le sourire terreur... Le sourire enfant, malsain et éloquent ; revient. Sur les lèvres rouges qui montrent la lumière des néons, rouges du crime que la mort décolore. De là, Loup voit parfaitement à quel point la fierté peut être grande et se montrer importante. Il peut le voir, depuis sa position du Mort, l'immensité du fauve qui promène ses griffes dans son sang.
... et le sourire terreur...

"Les malades voient-ils la même chose, juste avant de mourir ?"
"Dis Maman,"
"est-ce que tu vois la même chose que moi ?"


Clignement des yeux, les pleurs silencieux humidifient le regard tristesse. Dedans, le fauve peut se voir. Comme Loup peut voir la satisfaction dans le sien, si haut.
Il est encore debout, lui. On dirait qu'il attend une réponse. Une capitulation, peut-être ? Il pense encore que Loup va la lui demander ?

"Et toi... Comment tu te sens, mh... ?" Le parfum âcre de la cigarette lui parvient encore. "Désolé... pour ta sucette à cancer. Je l'ai gaspillée."

Une gerbe écarlate trace un maigre sillon au bord de ses lèvres.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Mar 25 Juil - 0:45

Surplomber l'animal blessé, sentiment plus que satisfaisant pour le fauve qui jouit de sa force. Il n'a eu que ce qu'il voulait, au final. Il a demandé à être frappé et Neo s'est exécuté. Et maintenant il gît sur le sol comme une proie au bord de la mort, peut-être qu'un coup, un seul coup, suffirait à l'envoyer là-haut. Mais Neo s'imagine mal tuer un homme, pas qu'il n'en serait pas capable mais il ne serait d'aucune utilité en prison, surtout pour sa sœur. Alors il profite de la colère qui brûle en lui et le pousse à taper même quand il n'en a pas besoin. Se défouler ainsi sur le loup l'a aidé à maîtriser la bête, à refermer la muselière sur sa gueule. Il sent l'agressivité qui coule dans son sang  s'agiter dans tout son corps. Une joie inopportune le gagne ; ce corps est le sien, il l'a récupéré des mains salis par la luxure. Mais la vérité lui revient rapidement en mémoire et son humeur change drastiquement. Même la voix de l'animal ne parvient plus jusqu'à lui.

- Putain.

Ils entrelacent ses mains derrière sa tête, fixe le plafond comme si la suite de la scène s'y déroulait. Jure, encore et encore, contre lui, contre le monde, contre tout. Puis le rectangle qui dévore sa poche se met à vibrer. Il saisit le téléphone, regarde l'écran un instant et manque d'envoyer l'objet contre le mur. Encore une fois, on fait appel à lui pour réchauffer une nuit bien trop froide. Des bras féminins, plus âgées, souhaitent caresser le corps mutilé, lui faire croire, pendant une soirée, que tout ira bien. Il aimerait dire non, juste une fois, refuser, mais à chaque fois que ses doigts effleurent les lettres fatidiques, le visage de sa sœur lui revient en tête. La dernière facture, encore une fois (la dernière, promis) encore une fois et il aura tout remboursé. (Oui mais après ? Quand la prochaine facture va retomber ?) Il trouvera une solution, non ?
Mais...

(C'est pour elle,
je fais ça pour elle,
toujours,
je serais toujours là.)

Puis une idée lui vient, stupide, soudaine et peut-être salvatrice.

- Hey.

Il regarde le corps jonchant le sol, ce corps semblable au sien, marqué par la vie, il le regarde, le considère du regard. Quelle tristesse, abîmer un visage aussi beau...

- T'as combien sur toi ?

Un dollar ? Deux ? Cinq ? Cent ? Mille ?
Peut-être assez pour lui éviter un rendez-vous de plus, peut-être assez pour lui permettre d'envoyer ces trois lettres qu'il caresse du regard.
"N O N".
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Mar 25 Juil - 1:25

Pendant plus d'une seconde, Loup eut l'impression de se parler à lui-même.

"Ce regard ! Ce regard. Je le connais."
"C'est le mien"


Les yeux encres, les yeux secs.

"Je peux pleurer dans tes yeux s'il le faut"

Il a mal. Le vide accueille en lui quelque chose qui commence à prendre de la place. C'est solide, mauvais, dur à avaler, facile à recracher (le rouge métal). Loup regarde encore le ciel plafond, le félin noir charbon. "Comment tu t'appelles ? Ton regard me dit quelque chose."
L'injure solitaire, un peu féline, un peu mesquine. Paresse des plus coléreux qui ne savent se battre autrement que par les mots couteaux. Loup connait. Loup fait la même chose. Son reflet ?
Il a mal. Si le sang ne coulait pas, il aurait l'impression de tout garder à l'intérieur, de tout faire s'entasser. Qu'il n'y a plus moyen de s'échapper... d'enterrer la douleur... Le sillon écarlate continue sa chute jusqu'au sol où nait une flaque minime qui s'éparpille avec lenteur, avec douceur.

Combien ?
"... Quoi ?"
Il te demande tu as combien.
"Des blessures ?"


La question est étonnante. Toute colère éteinte, Loup dirait que le fauve s'est évanoui. Un petit peu, seulement, mais... assez pour pouvoir lui parler. "Il veut se faire animal bien élevé ? Je ne sais pas très bien jouer à ce jeu." Loup, pour pouvoir jouer à ce jeu, il faut d'abord se tenir debout, et être capable de regarder la personne en face. Et pour l'instant, tu ne réunis aucune de ces conditions. Donc il se résout à écouter avec silence, avec attention. Comme si c'était important.

"Tu... veux te faire payer en nature, sinon ? Navré. Je ne couche... qu'avec les filles."

Le sourire terrible danse sur le bord de ses lippes. Loup est mauvais, lui aussi. Pourri comme la peste. Il le sait, il le sait si bien...

"Regarde... dans mes poches."

Son corps se détend un peu, relâche les muscles endoloris, abrutis. Loup, s'il en avait la force et le cran, il dirait au chat noir d'aller se faire voir. Il accrocherait avec force sa crinière pour la plonger dans la fange et l'obscurité, pour qu'ils sachent ensemble ce que ça fait, d'être oublié.

Mais Loup est au courant.
Il sait que
la panthère connait déjà ce sentiment...
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Mer 26 Juil - 21:39

Le loup parle de payer en nature avant de donner fin à toute possibilité de contact, alors Neo demande :

- Et tu veux me payer pour quoi ? Pour t'avoir tabassé ?

Puis la fin de phrase lui revient en tête, "je ne couche qu'avec les filles" cette précision l'amuse et lui ôte un sourire. Pourquoi parler de payer en nature si c'est pour rétorquer que ce ne sera pas possible ? C'est comme si l'animal souhaitait aborder le sujet, appuyer la possibilité que quelque chose pourrait arriver... Serait-ce une demande dissimulée ? Pendant un instant la panthère se perd dans ses pensées, pourquoi ? Car dans d'autres circonstances peut-être que le loup pourrait partager le lit de la panthère, se retrouver contre elle, rien que pour une nuit...
Mais monsieur préfère les femmes.
Alors Neo se concentre sur le plus important : l'argent.

- Dans tes poches, hein, t'as vraiment cru que j'allais m'abaisser et fouiller ?

Il soupire, visiblement agacé. Le loup le rend lunatique, un instant une envie qu'il ne peut ignorer s’empare de lui et la seconde d'après il a envie de repeindre les murs avec son sang. Il se rapproche de l'animal étendu sur le sol et l'attrape par le col.

- Si t'as du fric donne le moi maintenant, j'ai pas de temps à perdre, okay ?

Dans ses yeux luit une colère dévastatrice. Affamée et enragée, la bête sommeille.

Il libère l'animal de son emprise et fait quelques pas, visiblement nerveux. Il se met alors à chercher le cylindre magique dans ses poches et réalise que ce dernier se trouve maintenant sur le sol, inutilisable.  Puis son téléphone  vibre une nouvelle fois : la cliente veut savoir si le rendez-vous aura bien lieu. Alors le regard de Neo se perd dans celui du loup, comme si ce dernier était la réponse à tous ces problèmes. Puis il tape la réponse et l'envoie.
Son premier refus.

Une sensation sans pareille s’empare de lui. Pendant un instant il a l'impression d'avoir brisé les chaînes qui le retenaient prisonnier. Peu importe la somme que lui donnera l'animal, il trouvera bien un autre moyen de payer les factures. Et peut-être que ce refus ne sera que le début d'une longue liste. Et peut-être que Neo réussira enfin à récupérer son corps.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Jeu 27 Juil - 19:13

La réponse du fauve est étrange.

"... hein, t'as vraiment cru que j'allais m'abaisser et fouiller ?"
Bah quoi, après ce que t'as fait, t'as peur de plier des genoux ? Loup ne s'est pas retenu de le dire, mais sa condition difficile l'empêcha de sortir peut-être ce qui auraient été ses dernières paroles. Il se dit que ce garçon aux cheveux charbon avait quelque de terrible, de mal en point. Pire que Loup lui-même et sa face écorchée ; Loup et son corps d'éclopé.

Par contre, son col soudain repêché par les poings en colère (il n'est pas sûr que son tee-shirt survive), les yeux-revolvers du félin le brusquent, plus que sa demande elle-même : Il veut son argent.

"... Attends, je suis en train de me faire racketter là, non ?"

Mais il se fait jeter avant même de pouvoir lui répondre. Loup ne comprend pas la démarche de son opposant qui une fois sur deux s'amène, puis fait volte-face comme si Mon dieu je n'aurais pas du. Il assiste aussi à la scène du téléphone, des messages envoyés, et puis de l'expression divine qui s'affiche sur le visage félin.
"Qu'est-ce qu'il vient d'apprendre ?"

"Je veux bien une explication." (il se rend compte que parler lui draine trop d'énergie) (et puis son sang a autre chose à faire que de se propulser hors de ses lèvres) "... Fouille."

Loup ne dit plus rien, le corps étalé par terre. Oh non il ne va pas mourir, pas pour si peu de coups et quelques regards de haine. Loup est plus fort que ça. Et puis ça n'existe pas, les gens qui meurent à coups de pieds, si ? Pas lui.
Son bassin le hisse au pied du mur ; comme ça, il espère pouvoir se redresser, et au moins voir la panthère à l'endroit. La douleur vibre, entrailles de la complainte : Attends, laisse-nous encore un peu de temps. Loup, du temps, il s'en est donné assez. Maintenant il veut savoir pourquoi ce type veut de l'argent. Le sien, surtout. Parce qu'il était là au mauvais moment, au mauvais endroit ? C'est un hôpital, bordel.

"Allez, n'aie pas peur. Je... ne mords pas."

Le sourire...
Le sourire est revenu.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Sam 29 Juil - 17:27

Le loup veut une explication : pourquoi la panthère en a après son argent. Seulement il suffit d’un instant à l’animal pour refuser de donner une raison à sa façon d’agir. Il préfère éviter la scène mélodramatique et se concentrer uniquement sur le désir du loup.

- ... Fouille.

Cette fois ci Neo agit. Il s’abaisse près de l’animal blessé et fouille les poches de son pantacourt. Sa main rencontre d’abord des miettes, ainsi qu’un semblant de feuille chiffonné (ticket de caisse ?), manque de passer l’un de ses doigts dans un trou (bien trop près de sa virilité) et finit par mettre la main sur quelques pièces, mais aucun billet.

- Des pennies ? Qu’est-ce que j’vais faire de ça ?

Il souffle afin de partager sa déception mais laisse néanmoins les centimes gagner sa poche. Puis le loup insiste, demande à entendre la tragédie, à comprendre pourquoi la panthère tient tant que cela à lui dérober de l’argent. Alors l’animal s’assoie et donne l’os tant désiré au loup, il pourra en faire ce qu’il le veut, le partager, l’oublier, Neo s’en fiche.

- Ma sœur est hospitalisée ici et j’ai pas d’argent pour les factures et les médicaments.

Il s’arrête, devrait-il vraiment aborder le sujet difficile ou laisser le doute planer ?
Mais son esprit est vite embrumé par quelque chose d'autre : le manque de nicotine se fait de nouveau ressentir.

- Putain..., j’ai vraiment besoin d’une cigarette...

Il passe ses mains sur son visage, visiblement nerveux, et échange un regard avec l'animal avant de rire légèrement.

- C’est pas tous les jours que j’défonce un mec et reste taper discute avec.

(Mais...
T’es différent
.)

Puis il demande :

- Pourquoi t’es là, toi ?

C’est vrai, est-ce que lui aussi a un proche prisonnier d’une chambre blanche, d’un lit tellement parfait qu’on croirait la personne morte, inerte ? Où est-il malade, blessé, fou ? (Blessé il l’est à présent, regarde dans quel état tu l’as mis, Neo).

(C’est vrai,
j’ai tapé fort,
mais je ne regrette rien
.)
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Sam 29 Juil - 20:01

"Ça y est, il approche !"
"Ne regarde pas,"


... il pourrait t'attirer.

C'est à ça qu'il pense, Loup ? Que ce type au visage brûlant de colère et d'aversion pour l'univers... pourrait lui donner envie, à lui, le croqueur de peaux, vilaine bête à crocs ? Oui mais, mais c'est pas une proie, devant lui. C'est pas une proie ça ; rien qu'un fauve qu'on a pas laissé sortir au bon moment et qui a fini par crocheter les barreaux en s'enfuyant.

"Alors, ça te plait ?"

Loup il dit ça quand les griffes-panthère s'immiscent dans ses poches-trésors, terriers de misères où on n'y trouve que des feuilles de chiffres et les débris de pitance jamais finis. Loup il dit ça... pour s'éviter de penser autre chose. D'avoir le regard un peu papillonnant, un peu voilé par l’imprévisibilité des poings-félins. Quand les griffes s'attardent près d'un point sensible, son esprit oscille entre le
Non n'y va pas / Si, continue et ne t'arrête pas
(paradoxe)

"Ouais... Je sais pas. On dit toujours Mieux vaut ça que rien. Alors... Mieux vaut ça que rien ? Prends-les, tais-toi."

Puis il voit la masse fauve s'étaler à côté de lui, rejoignant les bancs des blessés, pour le temps d'une confession sur le béton. Il y a une distance de voisins de geôles entre eux ; c'est assez aux yeux de Loup pour se dire que cette relation a quelque chose de particulier. Même sans connaître le nom ni la provenance de son antithèse, il sait par anticipation qu'il aura progressivement du mal à s'en défaire s'il traîne du brasier trop longtemps. Feu et feu.

Elle poursuit son récit, la panthère. Raconte qu'elle quitte les têtes qu'elle défonce.

"Ah ouais, tu restes pas ? Jamais ? Moi je voudrais. Pour voir le résultat de mon travail. C'est une vue qu'on ne paye pas, ça."

Loup regarde face à lui, perd son attention dans les buissons de l'autre côté du parking. Toujours personne. Le fauve noir déclare avoir besoin d'un feu intérieur. Celui qui détruit sans laisser de traces, le mauvais combustible.

"Besoin d'une clope ? J'ai quelque chose d'autre pour toi si tu veux..."

Mais il n'en dit pas plus le Loup, tait les précisions pour laisser l'autre animal bifurquer sur... sa sœur. L'origine de sa battue inhospitalière, s'il savait. Loup il dirait "Pauvre gars". Mais il n'en penserait pas un mot, et un Loup qui ment n'est pas un bon loup. Dans les contes, peut-être. Mais dans son monde à lui la vérité est importante (bien qu'il finisse à chaque fois par fatalement vouloir l'éviter). Et peut-être pour le fauve aussi, en fin de compte. Chat qui bombe le torse et le dos pour se faire tigre.

"Je devrais déjà être à l'intérieur, mais je t'ai croisé. Je viens pour quelqu'un qui a élu domicile dans un des lits de cet hôpital, et qui a oublié de se réveiller."

Et plus le temps progresse, plus Loup réalise qu'il a du mal à prononcer le mot "Mère", Maman... Qu'il n'arrive pas à pousser l'articulation hors de sa gorge, que la voix déraille, s'autodétruit. Elle veut protéger les oreilles d'entendre la cruelle (( vérité )).
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Sam 29 Juil - 20:37

- Ah ouais, tu restes pas ? Jamais ? Moi je voudrais. Pour voir le résultat de mon travail. C'est une vue qu'on ne paye pas, ça.
- Pas besoin de rester, ils reviennent toujours vers moi.

Neo en a rencontré des animaux, des plus sanguins et dangereux que lui et dans tous les cas ils reviennent toujours, cherchent le poing maître qui provoque cette sensation aussi douce qu’amer, la douleur. La vraie, celle qu’on ressent le lendemain après s’être pris un uppercut dans la mâchoire, celle qui habille la peau, rappelle ce moment où pendant un instant on était rien d’autre qu’un animal, cherchant la chair, le sang, la seule chose qui fasse de lui un homme.

Puis loup se fait renard, revêt cette fourrure orange avant de déverser des mots qui prêtent à confusion, s’affuble d’un nuage ambiguë et laisse un goût singulier en bouche.

- Besoin d'une clope ? J'ai quelque chose d'autre pour toi si tu veux...

Puis la panthère se souvient de cet instant où l’animal a évoqué qu’il pouvait payer avec son corps ; malgré le fait qu’il ait terminé sa phrase le plus distinctement possible, la panthère y voit encore une demande déguisée, comme si le loup avait trop honte pour formuler la phrase à pleine voix. Ce qui est certainement le cas puisqu’il se dit n’être attiré que par les femmes, mensonge qui se veut vérité mais est détruit par l’apparence attirante de la panthère, ce goût mentholé que doivent partager ses lèvres et cette chaleur qu’elle a en réserve. Toute cette haine qu’elle pourrait convertir en quelque chose de plus fort, de plus puissant et qui permettrait à n’importe quel être de goûter à l’amour qui fait mal, celui dont on devient accro mais qui laisse des traces. Qui tâche la peau mais qui se fait drogue. L’amour auquel la sueur se mêle, avec une symphonie de rugissements, l’accouplement de deux animaux prêt à partager leur entièreté l’un avec l’autre.

Puis le loup avoue être présent pour rendre visite à un interne, immédiatement la panthère se souvient, de ce moment qu’elle a épié comme le plus vicieux des animaux.

- Tu parles du squelette que t’as dépucelé dans l’placard ?

C’est vrai que y a mieux question coup-dans-un-placard, mais si ça se trouve c’est une question d’amour, le type d’amour stupide qu’on retrouve dans les comédies romantiques à la Disney Channel.

- Mec ça s'faisait pitié, j'ai même cru qu'elle allait s'casser en morceaux. Un peu plus et j't'aurais cru nécrophile.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Lun 31 Juil - 18:42

Quelles sont les raisons qui poussent la souris à retourner entre les griffes du chat ?
Est-ce par envie de vaincre l'invaincu ? De la fierté ? Par inconscience des différences, peut-être ? Ou bien c'est autre chose.
Loup cherche la réponse dans les yeux fauves, mais ne croise que le visage détourné d'un animal aux milles mèches diffuses.

Des prédateurs. Voilà ce qu'ils sont, tous les deux. Des amonts d'orgueil, de folie bien gardée et mal montrée. Les crocs rouges de sang des proies qu'ils ont dévoré.
Loup, souvent, est celui qui n'a pas pu achever.
Peut-être qu'il prétend aimer contempler l'étendue de son œuvre après avoir frappé. Tourner autour de la flaque écarlate, comme pour savourer une dernière fois ce qui bientôt sera rendu à la terre... sous les rayons abrasifs du soleil, crête brûlante avalant les preuves de ceux qui n'ont pas su les emporter. C'est aussi un brasier particulièrement puissant qui apporte la sécheresse entre ses poumons.

Loup ne contemple pas le carnage sanglant ; il se regarde lui-même.

À la question de la violence, la plupart des gens répondraient Non, je ne peux pas faire ça. Non, ce n'est pas normal. Non, ce n'est pas ce que je veux. Mais pas lui.

Loup a demandé à ce garçon de le frapper,
le plus fort qu'il pouvait, comme si ça allait de soi.
Et sa demande a été réalisée, d'une facilité déconcertante.
Qu'a-t-il ressenti en enfonçant ses poings ?

"Qu'est-ce que... (terreur) ... t'as dit ?"

La pâleur du doute, souffle coupé, le sang qui vibre, tiraillé par ce qu'il vient d'entendre et ce qu'il a cru entendre. Il entre dans un conflit d'une seconde,
"Est-ce que j'ai bien compris ?"
"Est-ce qu'il a bien dit..."
"Non, il l'a pas dit ?"
"C'est pas possible"
"Mais si putain"

alors que ses genoux tentent d'anticiper, de se relever...
Pour protéger ce qui s'est passé.

"T'étais là...?!"

Oui, il était là ! crie la voix !
Un plaquage immédiat sur le béton, il aimerait. Arracher cet air mauvais qu'il reçoit en retour, ce regard mal élevé et tricheur, menteur !
Oui
mais Loup... n'y arrive pas.

À la place de sa vengeance, il entend un craquement dans son corps. Des os qui l'abandonnent, on dirait, lui donnent l'impression de s'écrouler, de le faire mourir tout de suite. Les morsures au creux du ventre, sa chair se tord comme des serpents en colère, appelle les bras qui accourent retenir les viscères. Il ferait peur même à ceux qui sont habitués à l'odeur du métal écarlate.
Le rouge évacue d'entre ses lèvres là où son nez se plisse d'agonie. Loup ne peut pas se lever, alors il s'effondre. Doucement, avec violence, avec indolence. Il tombe par sa propre faute, entre dans une étreinte diabolique avec son bourreau.

Et c'est ainsi que la souris revient voir le chat.
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MessageSujet: Re: Nous avons combattu la loi   Lun 31 Juil - 23:00

Et le loup demande, partage son effroi face à la révélation. La panthère n’en a pas honte, cet échange charnel a su calmer son ennui, jusqu’à ce qu’une présence féminine mette fin au spectacle. La peau pâle et des cheveux blonds platines, à croire que toutes les patientes se ressemblent.

En voyant le canidé tenter de se lever et son visage se crisper de douleur, Neo comprend que la chute sera inévitable. Il tend alors les bras pour venir y accueillir le corps du loup. Pendant un instant il s’apprête à le voir se relever, s’énerver, mais son inertie ne tarde pas à lui faire comprendre que ça n’arrivera pas d’aussitôt.

- Hey... hey.

Il le secoue légèrement, mais réalise rapidement que ça ne changera rien.

- J’y crois pas..., tu fais ce coup à tous les gens que tu rencontres ?

Neo pousse un long soupir, bien qu’il soit la raison derrière le malaise de l’animal. Il hésite à le laisser là, dans ce parking, mais quelque chose en lui l’empêche de le faire. Alors il se résout à aider l’animal blessé, se lève doucement et quitte le parking pour se rendre dans le service des urgences.
Il se souvient, la dernière fois où sa sœur a fait une crise, c’est ici qu’il a dû l’amener. Son corps inerte a rejoint un lit pour gagner une chambre puis l’infirmier qu’il y a amené a déclaré qu’un docteur arriverait bientôt, avant de disparaître derrière la porte. Mais le temps passa lentement, comme si les secondes étaient des heures. Toujours pas de médecin ni de signe de vie et pendant un instant Neo fit face à l’idée qu’il redoutait le plus, celle que sa sœur puisse mourir à l’instant, comme ça, sans qu’il ait eu le temps de lui dire tout ce qu’il avait sur le cœur. Alors la tristesse se changea en colère et ce sont les menaces de la panthère qui firent, qu’enfin, un médecin vienne s’occuper de sa sœur.

Une fois à l’intérieur, le loup est pris en charge, étendu sur un lit et conduit dans une chambre libre. L’infirmier disparaît après avoir assuré qu’un médecin arrivera bientôt et laisse Neo seul avec sa conscience.

(Et si tu l’avais condamné ?
Si tu avais frappé trop fort ?
Si tu apprenais qu’il ne lui restait plus longtemps à vivre, qu’est-ce que tu ferais ?)

Neo n’avait jamais pensé à ça, à ce qu’il se passait après. Il échangeait des coups et s’attendait à revoir le gars le lendemain, prendre un verre avec et recommencer.
Qu’est-ce qu’il ferait si le loup était condamné, comment il réagirait quand sa petite-amie l’accuserait de l’avoir tué ? (Si c’est bien sa petite-amie)

Pendant un instant la panthère est en proie au remord, elle ne connaissait même pas ce gars et elle lui a défoncé la gueule pour une foutue cigarette... Neo n’avait jamais réalisé à quel point il était dangereux, peut-être fallait-il qu’il y est une victime pour lui faire réaliser ses erreurs...
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