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 échos de haine

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Cassio
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MessageSujet: échos de haine   Jeu 15 Juin - 15:57


tu sais pas, cassio, si c'est les traitements massifs aux arrières goûts chimiques, ou le blanc néant, qui te fait perdre la tête. première journée. premier effets secondaires. ça se voit sur ta gueule de fantôme cerné violine sanglante. tu t'sens le coeur assourdissant, dans ta cage thoracique, implosion des cellules nerveuses, le sang volcanique, les pensées molotov. t'as les poings qui tremblent, et puis y'a les murs blancs, trop ivoiriens. ça te donne la nausée, te fais tourner la tête, te donne envie de renoncer, encore. et puis tes toiles immobiles, incolores, toujours. comme si elles te narguaient à distances, leurs dents blanches ressortant comme les crocs d'un animal sauvage affamé. et puis tes foutues phalanges qui se refusent à imprégner le tableau d'un peu de technicolor inventée. comme si t'avais oublié. oublié comment c'était, sans les tâches d'encre noire qui passent parfois devant tes prunelles cyclones. 

t'as besoin d'air, besoin d'évacuer, besoin de respirer, besoin des étoiles, de fuir les néons, les lumières artificielles aveuglantes, les relents médicamentés, les blouses blanches. besoin d'hurler. hurler à devenir aphone, à s'déchirer les cordes vocales. tu traîne ta carcasse le long des escaliers, un pas à la fois, parce que même ton corps, tu peux pas le contrôler, parce que lui aussi, t'as déclarer la guerre. mais toi, toi tu t'en fiche, cassio, t'en a rien a faire de te casser la gueule dans les escalier, t'en a rien a faire d'te casser une jambe, la colonne vertébrale ou le cou. t'es une bombe sur le point d'exploser. et puis tant qu'à crever lentement, tant qu'à s'donner la mort à coups d'aiguilles atomiques, à suivre les ordres sans broncher, autant s'exploser dans les airs.

la porte s'ouvre, fracas métallique assourdissant dans le silence nuit qui brise le flot incessant des pensées mortuaires. tu sais aux éclairs sur ton épiderme, qui te traverse l'échine que t'as atteint le calme, le vent qui danse sur ton visage ravagé. et puis ta carcasse qui titube maladroitement jusqu'au bord, jusqu'au vide, jusqu'aux gens fourmis qui ont toute la vie devant sois qui se promènes en bas. inspire, expire. recommence.
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MessageSujet: Re: échos de haine   Jeu 15 Juin - 23:27

Il se laisse un peu périr, Loup. Inconsciemment, ou bien parce qu'il le cherche. Parce qu'il veut provoquer l'hémorragie interne qui fera peut-être réagir son esprit, son corps, Maman, n'importe quoi. L'animal il cesse de se nourrir, d'aller au supermarché pour pouvoir réchauffer des plats déjà préparés. Les saloperies d'étalages qui valent rien. Loup, peut-être. Il ressemble un peu à ces produits de rayon qu'on fait tomber par terre et qu'on oublie indéfiniment de ramasser et de remettre à leur juste place. (Et là il se dit que c'est exactement ça) (qu'y a ces gens de passage qui s'approchent un peu de la chose esseulée, mais dès qu'ils voient la solitude ils sont aussitôt terrifiés et prennent leurs jambes à leur cou)

Aujourd'hui ça va pas. Non. Et il faut se le dire; personne ne vient dans ce genre d'endroit pour musarder gaiement à faire du lèche vitrine (ici ce sont des corps malades qu'on voit derrière les vitres, c'est bien non?). On entre pas forcément heureux; on sort certainement plus triste. Pour être franc, s'il devait le dire, Loup dirait qu'il sait plus vraiment ce qu'il ressent. Que tout ça au fond de lui, ça s'est noyé avec le temps, avec les épreuves, avec le rien et le vide couplés ensemble. C'est fatal. Ne rien ressentir. Paradoxalement, ça fait mal, terriblement mal.

L'animal est là, les omoplates jumelées au mur froid, à protéger un trésor invisible, sans doute. Sa dépouille carnivore qui respire faiblement demeure juchée sur le toit, même après le passage du coup des vingt-heures, l'heure des Plus de visiteurs. Y a un nuage de fumée qui filtre entre ses crocs à la bête, transforme les particules de vie à l'intérieur en écorces asséchées. Elle devrait se sentir coupable, la créature, à insulter tous les patients de cet hôpital en se grillant des bâtons mortifères, sucettes de plaisir, là juste au-dessus de leur tête.

Il entend le fracas métallique assourdissant. Oreille tendue, il découvre un bipède qui émerge de la bouche ouverte de l'immeuble, s'approche du bord, l'air de retenir ses entrailles avec rage.
Et là ça ne va plus du tout. Loup ne prend pas la peine de détailler les parures de l'étranger (qui est vraiment l'étranger ici?), de se dire Oui c'est quelqu'un qui habite ici, et je suis chez lui.
Loup ignore le temps, concentre les époques sur celui qui se trouve dos à lui. On dirait qu'il va sauter, d'ici. On dirait vraiment.

"Qu'est-ce que tu fais là?"

Et s'il était réellement monstre, Loup aurait le poil épaissi par la menace. Il aurait ces babines retroussées qui traduisent la défense du territoire, conquête des terres. Un animal contre un autre.
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Cassio
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MessageSujet: Re: échos de haine   Sam 17 Juin - 14:47


t'as pas eu le temps, de laisse tes hurlements s'égarer dans la nuit, effrayer les fourmis suivant le cour de leur vie, en bas. t'as pas eu le temps de laisser ta rage sortir de ton corps blafard. y'a cette voix qui emplit l'air de rouge, cette voix un peu animale qui émerge des ténèbres du toit. y'a tes mots et puis tes maux qui se bousculent dans ton crâne douloureux, puis tes cordes vocales qui s'activent sans que tu puisse les arrêter, plus un bruit sourd qu'une voix. à force d'être encré silence, t'as la voix éraillée, brisée, trop rauque pour ton corps épuisé par les traitements chimiques, t'aurais presque trouvé ça drôle, si t'étais pas recouvert haine animale. si t'avais pas été dérangé, entrain d'essayer de purger la violence surchauffant tes veines.

" t'es qui, pour me demander c'que je fais là ?
toi, qu'est-ce que tu fais là ? "



tu le sens aussi noir que toi, tu le sens prêt à se battre pour ce toit, pour la vue, pour les constellation qu'on voit un peu mieux d'ici. tu sens déjà l'odeur ferreux du sang, l'appel à la guerre qui prends possession de ton être un peu mal foutu. tes poings qui se referme sur tes phalange dans un craquement d'os sonore, tu vois pas grand chose, dans la pénombre, mais tu le devines juste là, cacher dans l'ombre, prêt à te sauter dessus, prêt à défendre ce qu'il croit être sien. mais toi, cassio, t'as la rage qui t'habite à exorciser, tu demande que ça, de te battre, de laisser tes jointures s'écraser sur sa chair, tu demandes que ça, alors t'avance. un pas lourd, qui résonne à tes oreilles dans le silence mort. vers lui, vers l'animal, vers l'odeur du sang.
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MessageSujet: Re: échos de haine   Dim 18 Juin - 16:57

La masse noire perchée près du bord se tourne. Loup soudain il a l'impression de voir un guerrier qui s'empêche de s'écrouler parce qu'y en reste encore à décimer. Avec la nuit qui commence à déballer sa toile ébène, il est pas tout à fait sûr, mais la masse elle parait plus épaisse, plus terrible. Ou c'est peut-être son œil qui déforme un peu la réalité, qui grandit les éléments lointains et marque le cerveau en couleurs, comme pour le jeu de la persistance rétinienne avec la photo de Jésus.

"T'es qui"
"Toi,"
"qu'est-ce que tu fais là"


L'ennemi argue, répond au défi. Loup il sent bien que ça prend une tournure vibrante, dangereuse. Que ça penche le toit, que ça risque de déraper à tout moment et écraser les deux derniers soldats qui restent au combat. Les omoplates jumelées au mur projettent un peu le corps vers l'avant pour le forcer à quitter la stature d'animal en embuscade. Voilà. Maintenant il fait un pas, puis un autre. Il tire une dernière fois sur le bâtonnet incandescent inséré entre ses lippes, rejette un élan de fumée en pleine face de son adversaire. De la provocation.

"J'surveille qu'y ait pas d'intrus. T'en fais partie, j'crois."

Loup gonflé. Loup insolent. Loup l'intrus. C'est lui le vrai garde fou de ce toit, plateforme de la nuit. Il s'impose comme l'évidence, comme le roi des lieux et son trône de béton. L'autre devant lui, peut-être qu'il est là pour le faire tomber, pour voler sa couronne de poussière. Il en sait rien Loup en fait, c'est peut-être même la faim qui le pousse à agir sans réfléchir, à bomber le torse pour intimider celui qui est déjà blessé. Mère Louve elle aurait honte de lui, à cet instant précis. Elle serait là à le rappeler à l'ordre, à crier "LOUP!" parce que ce qu'il fait c'est pas bien.
Mais Loup il ignore. Il s'en fout.
Il a faim, terriblement faim.
Et il veut croquer la chair qui s'invite devant lui.
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Cassio
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MessageSujet: Re: échos de haine   Mer 21 Juin - 5:39


le grand méchant loup qui souffle, qui expie ses pêchés. fumée nicotine au visage. ça te picote les doigts comme des aiguilles de pin sur ton épiderme. ça te dévores les tripes, et puis y'a cette ombre qui voudrais bien prendre le dessus, qui te gruge les globes oculaires. et puis cette foutue brûlure. fer chauffé sur la peau, intrus. t'aurais bien aimé en faire parti des intrus, de pas passé tes jours blancs néants les prunelles pendues dans tes toiles incolores. un intrus. les bras intact, sans traces aucune des aiguilles médicamentées. intrus, ça bouillonne, ça fait fondre le peu de retiens, ça hurle, dans ta tête, dans tes veines, dans la nuit, aussi, peut-être. le déclic dans ta tête aux idées noires sanguines volatiles, le grand méchant loup il souffle sa provocation, il joue un jeu, un peu comme la chasse. il traque sa proie, caché dans l'ombre. il joue avec, insolent, avant de faire craquer les os, de mordre la chair, de goûter le sang.

un rire. déformé, guttural. t'en avais l'épiderme frissonnante de cette voix que tu ne te connaissais pas, comme une bombe dans la gueule du loup. de l'insolence. et puis tes paumes qui se redresse quelque part entre tes éclats de rires aux arrières goûts haines maladives, et puis sans pouvoir te retenir, tu les as écrasé sur son torse pour le pousser un peu plus loin, le faire tituber histoire de narguer un peu le grand méchant loup. de la provocation. et puis ce hurlement. ce hurlement de mots violences enchevêtré qui trouve enfin le chemin de tes cordes vocales. un de ces hurlement à fendre le ciel en deux, en trois, puis en quatre.

" ET PUIS TU T'CROIS ROI!? "

tu savais bien, cassio, que toi non plus t'avais rien d'un roi. la carcasse médicamentée molotov qui menace d'imploser. les poignets à peines cicatrisées des échecs passés. mais t'en avais rien à foutre, toi. d'être un roi ou ne pas l'être. d'être celui qui restera debout ou celui qui s'écroulera comme un château de carte maladroitement assemblé. dévorer ou être dévoré.
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MessageSujet: Re: échos de haine   Jeu 22 Juin - 17:31

Silence, soudain.
Des secondes de mutisme qui durent et frappent comme des éclats. Et derrière ce temps de latence, y a le sang qui bout, qui se dépêche jusqu'au myocarde parce qu'il se passe une rencontre qui dilate les iris. Loup il aurait eut la même réaction devant une personne très aimée. Comme une amoureuse, ou peut-être même devant le visage de Maman qui se réveille... Tout ça ça provoque des sentiments lourds de sens, inhabituels et que le corps ne trompe pas.
Oui, il ressent ça, là maintenant, tout de suite.
Mais là aussi, c'est pas du tout le même contexte, le même sentiment.

Le roi ! Le roi, le roi, il se croit chez lui peut-être?!
Oui, oui, c'est ça qu'il dit, derrière les phalanges qui se sont logées dans son buste d'animal trop fier. Y a la poussée du recul, les baskets qui dérapent sur le sol pour tenter d'amortir le mouvement. Le loup il a grogné sa presque douleur, chancelé de quelques pas sur le béton pour tenter de remettre en ordre son royaume solitaire. Le trône vient d'être secoué.

"Putain !"

Les Kof kof de la gorge qui véhiculent l'oxygène subitement interrompue dans la cage thoracique. Non, c'est sûr, Loup il s'attendait pas à une droite d'emblée. Il pensait pas qu'un blessé aurait osé lever le poing -- pour autre chose qu'une prière. Le tournis de la confusion qui l'emmène vers d'autres contrées, avant qu'il ne se souvienne de sa Terre promise à protéger.
L'animal se remet droit, en posture de combat.

Et il dit rien, ravale l'orgueil en globules rouges. Il jauge son adversaire qui tient à peine plus debout que lui, alors que lui il s'est encore rien pris. Mais il s'en moque éperdument le monstre ! Le monstre, il a fait tomber son bâtonnet du plaisir toxique à terre, celui qui roule à quelques mètres plus loin. Et quand l'extrémité rougeâtre s'éteint, il fait un pas. Un pas pour aller chercher le corps homologue atrophié.
"Son col, son putain d'col" Attrape-le !
Tire-le vers toi
et rends-lui les phalanges qu'il a oublié dans ton estomac


"Va t'faire voir,"

Et puis la griffe sacrée du loup vient lécher le visage maudit coincé entre ses pattes.
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Cassio
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MessageSujet: Re: échos de haine   Ven 30 Juin - 16:48


des cataclysmes hurlants qui se forment dans ta tête, comme des nuages noircis qui tournent en rond massivement, qui s'entremêlent pour laisser place à des ouragans tempétueux. ça te déforme les traits, ça te voile les prunelles trop bleues pour tes envies atomiques aux dégâts multiples. tu sais déjà que le coup arrive, tu vois ses griffes qui sortent de ses pattes au poil hérissé violence. tu sais, cassio, qu'après l'avoir fait valser sur le béton, tu sera le prochain à danser avec les étoiles. t'as pas besoin d'être frapper pour savoir qu'il sera plus fort que toi, t'es faible depuis le début des traitements, tu traîne ta carcasse comme un pauvre damné, fragilité gravée sur la peau. tu pourrais presque ressentir la rage du loup si la tienne t'aveuglais pas tant les sens, si tes poings menaçaient pas le frapper trop fort, sans retenue aucune malgré ton corps cadavérique chancelant bien plus que le siens sans effluves maladies.

"va t'faire voir"

ça t'apparaît comme une évidence, t'es prêt, t'attends le coups de griffes, le loup qui hurle à la nuit avant de sortir les griffes de ses pattes massives au poil hérissé fureur nocturne. la douleur qui te fouette le visage, assourdissante, résonne dans l'ossature malmenée de ton crâne. ta carcasse qui tangue dangereusement vers le sol. et puis ce rire qui te reviens, qui éclate encore une fois dans la nuit, un rire rauque, un rire rage, un rire tristesse, peut-être. ton corps qui se redresse dans un craquement. il va le regretter, le loup. t'es faible, pas comme lui, tu le sais. il se fait pas injecter de mort liquide chaque jours, tu l'as senti quand son poing s'est écraser sur ta mâchoire engourdie. mais y'a cette voix dans ton crâne qui te dis de frapper, qui te dis de laisser sortir la fureur qui t'habite depuis des semaines, peut-être des mois, tu sais plus avec ce rouge qui t'imbibe les sens.

tout ce que tu sais, c'est ce besoin d'écraser tes os sur la chair, l'odeur du sang. c'est tes pieds qui avancent sans ton avis, vers le loup, vers le monstre caché dans l'ombre des murs sombre. c'est la force qui te reviens par battements, la haine qui t'anime. la haine pour le loup, pour l'odeur antiseptique, pour la luminosité artificielle, les blouses blanches et les sourires compatissants. le loup, il s'en fout, que tes globes oculaires se rongent lentement, que ta maladie te dévore, que la mort est peut-être penchée sur ton épaule. il s'en fout et ça fait du bien.

tu le remercie d'un crachât au visage, comme pour embraser un peu plus ses sens, le mettre un peu plus en colère avant de laisser ton poing lécher sa mâchoire avec toute la force que tu peux te rechercher, recommencer dans l'estomac pendant que le loup recule. les jointures qui t'élancent, t'as l'impression de vivre un peu, dans l'adrénaline fumante.

" tu t'crois si grand, si fort.
mais un cancéreux arrive à t'atteindre. "


tu joue avec le loup, tu l’affame, sourire collé au visage. ressentir la douleur, l'infliger, aussi. quelque chose d'exaltant qui se dégage de vos êtres fiévreux.

" retourne jouer avec ta couronne dans ta tanière,
si ta mère te voyait, elle aurait honte j'suis certain. "
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MessageSujet: Re: échos de haine   Lun 3 Juil - 22:55

Ce type.

Avec les mèches de cheveux qui lui pourfendent le visage en mille grillages, avec la tenue des hospitalisés qui aurait normalement du lui fournir une garantie contre les griffes de l'animal.

Loup voit rouge, tout le rouge qui dégouline des yeux-colères de son adversaire. Loup, peut-être qu'il voit la même chose que lui. Que tous les deux, ils ont le champ de vision parasité par le virus appelé Rage, ouragan qui dévaste le bon sens et la logique. La manière de réfléchir pour l'animal qui abandonne la chaîne protectrice (autant pour lui que pour les autres) et brise les maillons avec ses crocs. Parce qu'il lui en reste, même après ce contre-coup l'ayant fait chanceler à nouveau, un pas derrière l'autre. Des crocs qui se détruisent un par un quand les phalanges lourdes répondent de leur mépris.

"Loup, il y a un filet de sang qui s'échappe d'entre tes lèvres...
Et ça donne l'impression que tu as la rage."


Écume rouge qui enveloppe ses lippes et s'écrase au sol. Un autre poing-météore dans ses entrailles qui fendrait sa cage thoracique en deux. Loup projeté en arrière, encore, encore, hurle une déferlante de haine que ses lèvres recrachent en perles écarlates. Y a son arène qui se dérobe sous lui, ses pas qui l'emmènent vers l'ombre. L'ombre de lui-même. L'ennemi ne s'arrête pas; lui aussi il s'est débarrassé des encombrants, lui aussi il s'est délesté des poids trop grands.

Ce type n'est pas en train de se battre contre lui.

Il n'est plus assez lucide pour le comprendre, le ressentir, y penser ne serait-ce qu'une seule seconde même, mais Loup ne disparait pas encore, pas complètement. L'ombre le pousse en avant, ne veut pas de lui "Tu t'en vas !" Il a pas le droit, pas le droit de perdre le territoire, le cabot. Même les côtes elles se rebellent et se déploient à nouveau, reforment l'intérieur de la chair à l'unisson quand y a la fureur de vaincre qui fleurit dans son corps. Le cœur est complètement écrasé sous tout cet amas de violence.

Provocation du malade,
Le Massacre des Innocents.

Yeux injectés de sang, ses poings se mordent eux-mêmes, serrés par le désir d'assassiner. Un dégout profond s'élance dans ses entrailles, pourrit la chair et remonte jusqu'à sa gorge comme un haut-le-coeur, remontées acides. Les mots cadenas viennent d'être prononcés.
"Maman"
"Il vient d'utiliser son nom contre moi"

Couteaux de l'âme qui lui arrachent un crissement des dents, un regard bestial aux pupilles rétractées.

Ce type vient de le frapper avec une arme plus terrible encore que les poings.

"T'avises pas d'parler d'Elle,
C R E V A R D !!"


Il se contrôle plus. Y a plus rien pour le retenir. Le Loup il va mordre, déchiqueter, secouer de tous les côtés et tirer la dépouille jusqu'à sa tanière-poussière. Son trophée de la Honte, couronne ensanglantée. Ses Pas de Loup approchent, progressent dangereusement sur le champ de bataille déconstruit.
Ça y est, il empoigne son témoin, n'offre pas le répit du regard hésitant et le renverse à terre. À terre l'Ombre. La carcasse sous lui, l'animal s'acharne, pourfend la peau la chair les os, mord dedans, envoie les rafales-phalanges et détruit l'enveloppe jusqu'à ne plus reconnaître le visage à qui elle appartient. Loup l'animal agit, plus Loup l'être humain.

Et pendant qu'il dispute un combat féroce contre lui-même (et personne d'autre en réalité), il sent peu à peu un sentiment puissant et amer l'engloutir de toute part. Un flot toxique et maudit se sécrète jusqu'à l'intérieur de ses veines. L'océan d'une pensée unique qui se répand partout en lui, écho douloureux de la vérité.

"Est-ce qu'Elle... aurait vraiment honte de moi...?"
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